LE SOLEIL DU DIVIN VOULOIR
Écrit par: Johannes De Parvulis
Ce livre est
disponible en Suisse aux Éditions du Parvis (Éditions du Parvis,
CH 1648, Hauteville, Suisse. Tél. 269-15-93-93),
et au Canada chez
Mediaspaul (Sherbrooke, Qc., Canada. Tél. 819-569-5535)
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PRÉSENTATION
(don Pablo-Martin Sanguiao)
L’auteur de ces pages nous offre
un résumé du Message que Jésus nous a transmis par
l’entremise de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, et nous dit en
même temps de quelle façon ce Message l’a touché.
Pour ce faire il part d’une vision panoramique “globale” du
Plan de Dieu, qui prévoit qu'en ces temps qui sont les nôtres,
débute le Royaume
messianique,
le Royaume que depuis deux mille ans l’Église nous demande
d’invoquer avec les paroles du Notre Père: “Que ton règne vienne:
que ta Volonté soit faite sur la terre comme au ciel”.
Avant le
péché originel, il y avait entre Dieu et ses fils une idylle
amoureuse, mais avec le péché l’idylle a cessé et la
tragédie a commencé. L’auteur explique que le projet de
Dieu a été seulement retardé, et qu'il y aura
forcément une vie de bonheur, une vie divine, dans un nouveau paradis
terrestre. Dieu le
Père a préparé un festin pour l’humanité, qui
en ce moment est comme le “fils prodigue” qui retourne à la
maison paternelle: la Divine Volonté. Le festin est celui des noces de
l’Agneau”. [Ap 19, 7]
Ce livre fait une synthèse de ce que Jésus nous
révèle par l’entremise de Luisa Piccarreta. Jésus
nous propose une prodigieuse opération – sorte de “greffe
mystique” – qui à partir d’aujourd’hui nous
permettrait de remplacer notre volonté par la Volonté divine.
Les textes de Luisa rapportés
dans ce livre, bien que non officiels (nous sommes en attente une “editio
typica”, qui sera approuvée par l’Église)
m’apparaissent suffisamment fidèles.
Civitavecchia, 6 décembre 2004
Don Pablo-Martín
Les 36
cahiers rédigés par Luisa Piccarreta pourraient se résumer
ainsi: «Les hommes qui accepteront de redonner au Vouloir divin la
place d’honneur qu’il occupait dans l’âme humaine avant
le Péché originel retrouveront, même ici-bas, le
bonheur du premier paradis terrestre. »
Tout au
long de sa vie Luisa Piccarreta a été en contact avec le
surnaturel, car la mission que Dieu lui avait confiée depuis sa jeunesse
était de nous parler d’un idéal nouveau, qui consiste pour
l’homme à vivre dans le Vouloir divin. [1] Grâce
à cet idéal l’humanité est censée
connaître une résurrection aussi glorieuse que celle que le Christ
a connue après avoir donné sa vie pour accomplir en tout la
Volonté du Père.
Luisa
Piccarreta n’a pas eu la vie facile, car plusieurs personnes de son
entourage n’étaient pas en mesure de comprendre la nature des
phénomènes mystiques qu’elle vivait. Parmi les exceptions
il y a toutefois un saint prêtre, le Père Annibale Di Francia, qui
a été son directeur spirituel de 1910 à 1927.
Le
Père Di Francia est aujourd’hui un saint canonisé. De son
vivant il fut souvent reçu en audience privée par le Pape Pie X.
Des témoins [2] rapportent qu’un jour ce Père revint chez
Luisa plus content que jamais. Il lui raconta qu’au cours de
l’audience qu’il avait eu avec Pie X, le Pape lui avait
demandé de lui lire une partie des écrits qu’il se
proposait de publier. Il s’agissait des pages du futur livre: “L’Horloge de la Passion de NSJC”, que Jésus
avait directement inspiré à Luisa. Le Père lisait la page
de la Crucifixion quand tout à coup le Pape l’interrompit pour
dire: “Pas ainsi, Père, mais à genoux il faut lire.
C’est Jésus qui parle”.
Luisa
malheureusement n’a pas été comprise de cette façon
par tout le monde. Certains prêtres l’ont négligée,
d’autres l’ont boudée, d’autres l’ont
persécutée. Elle a été comme le Christ (et comme
Lui elle continue d’être) une pierre d’achoppement pour
plusieurs.
- I -
le Vouloir divin et nous
1. -
Vouloir divin: son temps est arrivé.
Au
tournant du vingtième siècle le ciel a choisi Luisa Piccarreta, [3] une italienne de la région des Pouilles (le talon
d’Italie) pour proposer à l’humanité un nouvel
idéal de vie destiné à ceux qui consentiraient à remplacer
leur volonté humaine par la Volonté divine. La proposition
ressemble à une “nouvelle donne” spirituelle [4] que le ciel offre à l’humanité pour
lui permettre de réaliser le bonheur pour lequel elle a
été créée, mais que le Péché originel
lui a fait perdre.
De tous
les messages que le ciel a envoyés à la terre depuis la
Rédemption, celle-ci se présente comme le plus important. En
effet, l’idéal que Luisa Piccarreta propose à
l’humanité transformerait le monde en paradis terrestre. Notre
monde deviendrait l’équivalent du Royaume de Dieu, le Royaume que
les chrétiens invoquent depuis deux mille ans avec les paroles du
“Notre Père”: “Que ton règne vienne … sur
la terre comme aux cieux”.
Face
à une nouvelle aussi spéciale et inattendue certaines personnes
se demandent si ce Royaume ne serait pas celui que Jésus a promis
à l’humanité pour cette terre. Réfléchissons:
Pourquoi Jésus a-t-il accepté de mourir sur une croix?
Lui-même a dit que le but final de son sacrifice était de voir un
jour réalisé son Royaume. [5] Or ce
Royaume, qu’un peu plus tard les théologiens ont qualifié
de messianique, est-t-il déjà apparu sur notre
planète? Certains me répondent, et avec raison: “Si ce
Royaume avait déjà existé nous le saurions”.
En prenant
donc pour acquis que ce Royaume reste à venir, il est évident
qu’un jour il finira par apparaître. Et si ce jour était
déjà là, aux portes? Rien ne l’exclut. Plusieurs
prophéties récentes l’affirment clairement, en ajoutant que
ce royaume est le Royaume messianique,
le Royaume que Dieu a promis à l’homme d’ici-bas comme
anticipation du Royaume céleste.
Ce
n’est pas seulement dans l’Évangile que le Royaume messianique est
présenté comme le but ultime du sacrifice du Christ. Maria
Valtorta, [6] à qui
Jésus dévoile bien de secrets, elle aussi en parle. Par exemple,
en 1943 Jésus lui dicte le texte suivant:
Jésus
à Maria Valtorta: “Comme
celui qui cherche ce qui pour lui est prioritaire, J’ai toujours
l’œil sur ce qui a le plus d’importance: pour moi, c’est
mon royaume. Dans quel but me suis-je incarné? Pour
l’avènement de mon royaume. Pourquoi me suis-je soumis aux
souffrances de ma passion et de ma mort? Pour l’avènement de mon
royaume. La preuve de ma puissance infinie, de ma bonté infinie, de ma
sagesse infinie, c’est l’avènement de mon royaume. Mon
royaume est la preuve de la vie éternelle, de la résurrection de
la chair, et de mon pouvoir de juge. Donc, dans l’explication que je vous
donne de l’Apocalypse, chaque point, ou presque, est couronné soit
par l’idée de mon jugement, soit par celle de mon triomphe, soit
par celle de mon règne, soit par celle de la défaite de Satan en
soi, [7] dans sa créature, [8] ou dans les précurseurs de sa créature”.
[9]
Ces
données suggèrent qu’il est possible que le Royaume
messianique [10] et le
Royaume de la Volonté divine soient la même chose. Cela est
même très probable, car le 15 septembre 1922 Jésus a
parlé de la façon suivante à Luisa Piccarreta au sujet du Vouloir
divin:
Jésus
à Luisa Piccarreta: “Je
veux que soient connus les effets de mon Vouloir divin et ses avantages. La
gloire complète de ma Création, et l’accomplissement
final et définitif de la Rédemption en dépendent.
Oh, que d’effets demeurent suspendus, autant de la Création que de
la Rédemption, parce que vous ne connaissez pas les bienfaits de mon
Vouloir divin, et que mon Vouloir divin ne règne pas au milieu de
vous!” [11]
Si ces paroles sont authentiques –
et à mon avis elles le sont – elles nous permettent
d’affirmer que l’Ère nouvelle qui s’annonce garantira
l’accomplissement définitif de la Rédemption, et que cet
accomplissement se réalisera par le triomphe du Vouloir divin. Cette
nouvelle est grandiose, d’autant plus que ce Royaume messianique présente
des points communs avec l’Ère nouvelle annoncée par tous
les prophètes chrétiens contemporains, et que les deux
ressemblent à leur tour au “Millénaire de Paix”
que l’Évangéliste saint Jean nous décrit au
début du vingtième chapitre de l’Apocalypse.
Voici le
texte en question:
“Puis
je vis un ange descendre du ciel, ayant en main la clé de
l’abîme ainsi qu’une énorme chaîne. Il
maîtrisa le dragon, l’antique serpent – c’est le diable, Satan – et
l’enchaîna pour mille ans. Il le jeta dans l’Abîme,
tira sur lui les verrous, et apposa des scellés pour qu’il lui
soit interdit de fourvoyer les nations jusqu’à la fin des mille
ans. Cette période de mille ans terminée, il doit
être relâché pour un peu de temps. Puis, je vis des
trônes, et ceux qui s’y assirent reçurent le pouvoir de
juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été
décapités pour le témoignage de Jésus et de la
parole de Dieu. Je vis aussi ceux qui avaient refusé d’adorer la
Bête et son image, et n’en avaient pas reçu le sceau sur le
front et sur la main. Ceux-ci reprirent vie et régnèrent avec le
Christ pendant mille ans, contrairement aux autres morts qui ne
reprirent vie qu’une fois les mille ans terminés.
C’est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui
seront admis à la première résurrection! La seconde mort n’aura pas de
pouvoir sur eux, mais ils seront prêtres de Dieu et du Christ, avec qui
ils régneront pendant mille ans”. [12]
Devant
toutes ces annonces prophétiques, une question circule de plus en plus:
Quand est-ce que ce Royaume commencera ou pourrait commencer?
Bien
qu’il n’existe aucune date précise, les prophètes
chrétiens nous informent qu’au commencement du monde Dieu a
établi que le Royaume messianique commencerait au début du
septième millénaire de l’histoire du monde, ce qui
correspond à notre temps actuel (début du troisième
millénaire chrétien) et que juste avant d’y entrer
l’humanité subirait une grande purification. [13]
Luisa
Piccarreta nous confirme que le temps présent est propice aux grandes
conversions, et nous fait savoir que les gens qui souhaitent vivre dans la
Volonté divine peuvent tout de suite s’engager dans cette voie.
Les portes du Royaume de la Volonté divine sont ouvertes à
partir de maintenant.
Grâce
au retour sur terre de la Volonté divine, les malheurs qui tourmentent
la terre depuis le Péché originel ne seront plus. Disparus
complètement!
L’humanité pourra vivre le bonheur pour lequel elle a
été créée. Ce bonheur s’implantera partout
comme conséquence directe d’une communion spirituelle
générale, rendue possible par la présence sanctifiante de
la Volonté divine dans tous les cœurs humains qui auront
survécu à la Purification.
Combien de
gens sont-ils conviés à ce rendez-vous? L’offre du ciel
concerne tout le monde. On sait toutefois que certains l’accepteront et
d’autres pas. Mais à ceux qui l’accepteront Dieu donnera la
possibilité de récupérer les privilèges perdus lors
du Péché originel, ce qui leur permettra de réaliser le
rêve des rêves, celui de devenir des Fils de Dieu en
plénitude.
2. - L’Ordre primordial.
Nous
savons par la Bible qu’Adam et Ève étaient des êtres
parfaits au moment de leur création. Par-dessus leur vie physique,
intellectuelle et spirituelle, ils avaient reçu de Dieu le plus grand
don que l’on puisse imaginer, la Vie divine, fruit de la
présence en eux du Vouloir divin. Oui, avant que le
Péché originel ne se produise, le Vouloir divin était
greffé à la nature humaine, intégré à elle,
ce qui avait pour effet de diviniser l’être humain à peine créé,
et de le rapprocher de son Créateur d’une manière
très intime, la manière filiale. En un sens le Vouloir divin
était pour l’homme plus précieux que le sang qui coule dans
ses veines. En effet, si le sang qui coule dans nos veines est susceptible de garantir
en nous la vie physique, le Vouloir divin était en mesure de garantir en
nous la Vie divine, [14] source des béatitudes les plus ineffables. [15]
Avant le
Péché originel, le Vouloir divin qui habitait l’homme
était pour lui une source de bonheur parfait, mais le
Péché qui a chassé loin de nous le Vouloir divin a
chassé loin de nous la Vie divine aussi, car les deux vont ensemble.
Privé de la Vie divine l’homme a découvert la souffrance,
la mort, et tous les fils d’Adam et Ève ont hérité
de cette condition déchue. Depuis ce temps les humains marchent à
genoux sur une terre parsemée d’épines. [16] C’est
que nos volontés humaines, multiples et imparfaites, ont le malheureux
pouvoir de diviser notre corps social, tandis que le Vouloir divin, unique et
parfait, aurait eu l’heureux pouvoir de l’unifier dans la paix.
Alors Dieu
a pensé de venir à notre secours. Pour nous permettre de
retrouver le bonheur que le Péché originel nous a fait perdre, Il
nous accorde aujourd’hui la possibilité de revenir à
l’Ordre primordial qui était dans notre âme au
début de la Création. C’est comme si à partir
d’aujourd’hui Dieu nous accordait la possibilité de refaire
le chemin du Péché originel en sens inverse. [17]
Ceci dit,
les personnes qui se sentent attirées par ce projet n’ont
qu’à répondre “oui” à l’invitation
que Dieu leur adresse aujourd’hui par l’entremise de Luisa
Piccarreta. Pour cela il suffit qu’elles demandent à
l’Esprit Saint de faire en sorte que le Vouloir divin reprenne en eux la
place d’honneur qu’il avait au début de la création,
car pour vivre dans le bonheur du Royaume messianique qui
s’annonce il faut qu’un homme soit capable de renoncer à son
vouloir humain au profit du Vouloir divin. [18] Cela aura
pour effet de rétablir en lui l’Ordre primordial.
Cet acte
d’offrande une fois accompli, l’Esprit de Dieu s’emparera de
ceux qui auront su l’accomplir par amour. [19] Leur vouloir
humain sera remplacé par le Vouloir divin à la place
d’honneur. La restauration en eux de l’Ordre primordial
entraînera la divinisation de leur être tout entier. Leur corps
sera glorieux, semblable à celui du Christ ressuscité.
Ce moment
est proche, mais il sera décrété par Dieu le Père
après la grande Purification qui s’annonce comme inévitable
et imminente.
Luisa
Piccarreta, connue aussi comme: “La
Fille toute petite de la Volonté divine”, nous laisse savoir
que le fait de vivre dans le Vouloir divin a pour effet de nous
sanctifier, car ceux qui par amour acceptent de se conformer à cet
idéal vivent la sainteté d’une façon naturelle.
Conclusion:
les personnes qui après la Purification seront admises dans le Royaume
messianique (la Salle des Noces de la parabole des dix vierges [20] ) le seront grâce à l’amour
qu’elles auront exprimé à Dieu par leur acte
d’offrande librement accompli. [21] Il est
évident que la force qui se trouve à l’origine de cet acte
doit être l’amour. Les autres sentiments, comme la peur, le
sentiment d’obligation, ou même celui du devoir, ne sauraient pas
convenir parfaitement à cette prière de donation.
3. - L’équivalent terrestre du paradis.
Est-ce qu’il y a une part
d’inconnu dans cet idéal de vie que Dieu propose à
l’humanité? Oui, cet idéal peut être
considéré “nouveau” à bien des égards.
La preuve vient du fait que les personnes qui commencent à s’y
intéresser ont tendance à se poser passablement de questions,
dont certaines peuvent paraître bizarres, comme par exemple: Est-ce que
l’être humain a le droit de renoncer à sa propre
volonté? Un acte de ce genre serait-il rationnel? La terre pourrait-elle
accueillir une communion d’êtres qui n’existe qu’au
ciel? Etc.
Après
avoir réfléchi et prié sur les textes de Luisa, une
idée a traversé mon esprit. Nous savons que le Vouloir divin est
l’élément qui unifie les trois Personnes divines au point
d’en faire un Dieu unique. Au ciel cela s’applique de façon
absolue aux Personnes Très-saintes de la Trinité, mais aussi,
dans les limites consenties par cette même Trinité, aux
êtres qui sont en communion avec Elles, et entre eux. Si le même
Vouloir s’installait sur terre comme il l’est déjà au
ciel, serait-il en mesure d’unifier les êtres de la terre comme il
unifie les êtres du ciel?
La
réponse ne peut être que “oui”. Les âmes qui
vivent au ciel adoptent le Vouloir divin comme étant le leur. Si
les êtres qui vivent sur terre adoptaient eux aussi le Vouloir divin
comme étant le leur, il est normal de penser que les conditions de vie
qui sont présentes au ciel finiraient par être présentes
aussi sur la terre. La communion des êtres qui présentement forme
l’âme du ciel finirait par former aussi l’âme de la
terre. Le bonheur céleste et le bonheur terrestre se
reflèteraient l’un dans l’autre. Le résultat est que
la terre redeviendrait ce qu’elle était à l’origine,
un jardin semblable à l’Éden. Tout être malheureux
serait transformé en être bienheureux. Le Royaume que nous
invoquons lorsque nous prions le “Notre Père” deviendrait
enfin une réalité. Après l’avoir attendu et
invoqué avec tant d’espoir et de trépidation pendant deux
mille ans, nous en serions les premiers citoyens. [22]
4. - Le
contraire du Péché originel.
Les personnes qui se sentent
attirées par l’idéal proposé par Luisa Piccarreta se
posent généralement la question suivante: “S’il est
vrai que le temps est arrivé pour nous de mettre le Vouloir divin
à la place de notre vouloir humain personnel, y a-t-il un chemin
susceptible de nous aider à atteindre cet objectif vite et bien? Si oui,
quel est ce chemin? ”
Le chemin
existe. Il consiste à adopter un comportement qui soit le contraire
de celui qui a entraîné Adam et Ève au Péché
originel. Si l’homme d’aujourd’hui veut honorer le Vouloir
divin qu’Adam et Ève ont offensé, il doit accepter que
ce Vouloir reprenne en lui la place prioritaire que Dieu lui avait
donnée à l’origine. En d’autres mots: vu que nos
Premiers Parents ont préféré leur vouloir humain au
Vouloir divin, Dieu nous invite aujourd’hui à
préférer le Vouloir
divin à notre propre vouloir. Tout cela commence par un acte de
soumission amoureuse à Dieu: le contraire de la rébellion
initiale.
Bref: pour honorer le Vouloir divin de façon
convenable il faut de la soumission, pour arriver à la soumission il
faut de l’amour, et que cet amour soit orienté vers Dieu, et que
Dieu l’accepte, et que par suite de cette acceptation Dieu vienne refaire
en nous l’Ordre primordial.
Une personne a tous les droits de renoncer à son vouloir humain au
profit du Vouloir divin. Si par suite de ce désir conçu
intérieurement, la même personne s’agenouille devant Dieu et
lui demande la grâce de pouvoir vivre dans le Vouloir divin, cet acte de
confiance amoureuse entraîne la divinisation de la personne qui
l’accomplit, car Dieu ne refuse jamais cette grâce à qui la
lui demande avec confiance et soumission amoureuse. La soumission amoureuse
qu’implique cette prière a pour effet de pousser Dieu à
rétablir l’Ordre primordial dans
la personne visée. L’Ordre
primordial remet le Vouloir divin à sa place, la place prioritaire
qui seule lui convient, ce qui entraîne la divinisation de la
personne concernée. [23] Mais pour obtenir il faut commencer par
demander.
La nature de cet acte de
soumission amoureuse est si agréable à Dieu, qu’en retour
Dieu s’engage à effacer les traces du Péché originel
dans ceux qui l’accomplissent. L’âme et le corps de ceux qui
adhèrent à cet idéal vont être entièrement
renouvelés. Leurs personnes ressembleront à la personne du Christ
ressuscité. Leurs corps seront des corps glorieux, et l’ensemble
de tous ces corps glorieux formera le nouveau Corps mystique du Christ, la
Nouvelle Église.
Conclusion: les personnes qui,
poussées par l’amour, se sentent appelées à vivre
dans le Vouloir divin, peuvent y parvenir grâce à une simple
prière d’offrande amoureuse. Cette prière, répétée
aussi souvent qu’on le désire, pourrait être la suivante: «Papa
Dieu qui habitez le ciel, je renonce à ma volonté humaine. Je
Vous l’offre en sacrifice d’holocauste. Je Vous demande humblement
de la remplacer par la vôtre, qui est divine. Merci.
» [24]
5. - Notre vie en trois naissances.
La lecture
des cahiers de Luisa Piccarreta
nous permet de conclure que le projet conçu par Dieu pour reconstruire
notre perfection humaine originelle [25] comporte trois étapes. Celles-ci correspondent
à trois formes de vie: physique, spirituelle, divine. Chacune de ces
trois formes de vie débute par une naissance, ce qui explique les
fameuses paroles de Jésus à Nicodème: “En
vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne
peut voir le royaume de Dieu”. [26]
Notre
première naissance, celle de la Vie physique, a lieu au moment où
l’être que nous sommes commence à vivre par
l’entremise de sa mère. Cette création individuelle, qui
commence à la fécondation et se poursuit à
l’accouchement, nous pouvons la considérer comme un prolongement
de la grande Création réalisée par Dieu le Père.
Notre
deuxième naissance, celle de la Vie spirituelle, a lieu au moment
où la partie spirituelle de notre être commence à vivre au
sein de l’Église. Cette rédemption individuelle, qui
débute au baptême et s’achève au moment de notre adhésion
volontaire, nous pouvons la considérer comme un prolongement de la
grande Rédemption réalisée par Dieu le Fils.
Notre
troisième naissance, celle de la Vie divine, concerne la
sanctification totale et définitive de l’être humain que
nous sommes, et relève de Dieu le Saint-Esprit. Elle est en devenir. Sa
gestation se fait depuis que le Christ s’est offert pour nous en
sacrifice d’holocauste. [27] Elle
connaîtra son plein épanouissement – sa pleine
maturité – quand la Volonté divine aura repris en nous la
place de choix que Dieu lui avait donnée avant le Péché
originel. Cette troisième naissance est un évènement
inédit, nouveau, que les prophètes chrétiens contemporains
annoncent comme imminent. [28]
En
conclusion nous pouvons dire qu’après le don de la Vie physique
et celui de la Vie spirituelle Dieu nous accorde aujourd’hui la
plus haute expression de son amour, sa Vie divine. C’est
grâce à ce don que Dieu achève de reconstruire en nous la
perfection initiale si le don n’est pas refusé. [29]
La Vie divine que Dieu veut nous
transmettre implique la présence en nous de son Vouloir divin. Ce Vouloir, qui
est suprême et parfait, a le privilège de garantir
l’unité, donc la vie. Il a été
détrôné au moment de la Faute originelle par le vouloir
humain, source inévitable d’individualismes et de divisions. [30] Si un homme
est contre les divisions au nom de la vie qu’il perçoit dans
l’unité, il est normal qu’il aspire à l’Ordre
primordial. Cet Ordre a le privilège de redonner au Vouloir divin la
place d’honneur qu’il avait dans le cœur humain à
l’origine de la Création. [31]
Question
n. 1: Pourquoi le don de la vie divine (qui se manifeste par le don du Vouloir
divin) n’a-t-il pas été accordé à
l’humanité avant aujourd’hui? Au dire de plusieurs ce grand
don ne pouvait nous être accordé plus tôt parce qu’il
y a un temps pour chaque chose. [32]
L’arbre de la Rédemption devait atteindre l’âge
adulte avant de pouvoir donner ses fruits les plus savoureux. C’est
maintenant que les écrits de Luisa Piccarreta commencent à
être connus, et que par eux Dieu nous invite à lui demander de
vivre avec son Vouloir en nous.
Question
n. 2: À qui revient la tâche de réaliser cette
transformation mystique chez les personnes qui la désirent? Ma
conviction est que cette tâche revient au Saint-Esprit. La seule chose
que l’homme doit faire est d’accorder au Saint-Esprit la permission
d’agir. L’homme qui désire sincèrement que le Vouloir divin triomphe sur le sien
renonce à son propre vouloir au profit du Vouloir divin, demande au Saint-Esprit la grâce du
changement, puis attend avec confiance qu’au moment le plus propice Dieu
opère en lui la transformation promise. Ce plan étant
fondé sur l’amour, Dieu s’engage à re-installer
lui-même son Vouloir en nous s’Il voit que nous acceptons sa
proposition étant, poussés par l’amour.
La
présence en nous du Vouloir divin transformera notre vie de
façon radicale. Notre personne, nous le devinons bien, ressemblera
à celle du Christ ressuscité. [33] Vu que Dieu
est trinitaire, ce plan qui est le sien se présente en trois volets. Pour
mieux le comprendre il suffit de réfléchir sur les trois
naissances que voici:
→ Première naissance:
Naissance à la vie physique. À travers nos parents Dieu le
Père nous fait don de la vie physique, le “souffle”. [34]
→ Deuxième naissance:
Naissance à la vie spirituelle. À travers son Fils, Dieu
le Père nous fait don de la vie spirituelle. L’homme qui
accepte la vie qui est présente dans la Foi du “Credo”
chrétien, en devient le possesseur. Nous pourrions comparer cet homme
à un globe électrique qui devient possesseur de la lumière
lorsqu’il accepte l’énergie électrique qui
l’investit. [35]
→ Troisième naissance:
Naissance à la vie divine. Le temps est arrivé pour les
humains de retourner à cette forme de vie dont ils ont perdu
même le souvenir. [36] La vie
divine va s’ajouter aux deux précédentes grâce
à la présence du Vouloir divin que l’homme aura eu soin de
reconquérir. [37]
Au dire
des prophètes chrétiens contemporains, dont Luisa Piccarreta est
une figure de proue, l’aboutissement final de la Résurrection du
Christ est la Résurrection de son Corps mystique, l’Église.
[38] Je suis
convaincu que cette Résurrection, espérée et attendue par
toute âme de bonne volonté, est celle que St Jean
l’Évangéliste qualifie de première résurrection. [39] Elle signifiera
au monde le triomphe de l’amour sur la haine. Elle annoncera la victoire
définitive de la grâce sur le péché, de la vie sur
la mort. Elle coïncidera avec l’apothéose de la puissance de
Dieu sur ses ennemis. Elle inaugurera le Royaume messianique. [40]
Ce Plan est une
réalité des plus belles, vraiment digne de la sagesse divine,
mais combien acceptent d’en profiter?
6. - Le chemin de la divinisation.
Le Vouloir
divin et le Pouvoir divin sont inséparables, cela va de soi. Il est donc
normal de penser que si un être humain accepte que le Vouloir divin soit
greffé [41] en lui du fait de son adoption divine, avec le Vouloir
divin il reçoit aussi le Puissance divine. Mais que deviendrait le ciel
si ses habitants (ou une partie de ses habitants) décidaient de se servir
de leur Puissance divine pour se révolter contre Dieu? Leur Puissance
divine étant de même nature que celui du Tout-puissant, que
deviendrait le ciel si cela se produisait ne serait-ce qu’une fois? Que
s’est-il produit au moment de la grande révolte de Lucifer qui
pourtant n’était pas uni à Dieu comme un fils adoptif peut
l’être?
Cela
explique la nécessité que Dieu a de partager son Vouloir
et sa Toute-puissance – les deux sont liés – avec des
êtres désireux de vivre avec lui dans une parfaite communion
d’intentions, une communion que l’amour seul peut garantir. Donc,
si le Créateur décide de partager sa Toute-puissance avec
ses créatures, l’union des créatures et du Créateur
doit être parfaite, ainsi que celle des créatures entre elles.
Ceci
étant dit, vu que la communion qui existe au ciel est le fruit
d’un amour réciproque et total, les humains qui au cours du
troisième millénaire chrétien choisiront
d’être divinisés [42] devront par le fait même accepter d’aimer
Dieu et de s’aimer les uns les autres de la façon la plus
sincère et parfaite qui
soit.
Est-ce
possible de parvenir à un tel résultat sans préparation,
sans entraînement? [43] Cela
n’est vraiment pas possible. La divinisation exige une
préparation, et cette préparation a lieu sur terre, dans l’amour.
L’amour seulement a le pouvoir d’empêcher les divisions qui
tyrannisent les hommes depuis des millénaires.
Les
prophètes chrétiens contemporains nous rappellent que le Plan
divin du salut annoncé par le Christ est que cette terre redevienne
ce qu’elle était avant le Péché originel. Quand?
Lorsque les hommes vivront d’amour!
Il est vrai que de nos jours l’amour est bafoué.
L’évidence montre qu’aujourd’hui c’est
plutôt la haine qui conduit le monde. Dieu le permet. Il permet que
l’ivraie parvienne à sa maturité pour pouvoir bien la
distinguer du bon grain; mais la haine ne l’emportera pas sur
l’amour. Il n’est pas possible que le chemin qui conduit à
la divinisation soit fait pour des êtres de haine; il est sûrement
fait pour des êtres d’amour. [44]
7. - La
récolte du blé et le battage.
Sommes-nous
vraiment à l’aube d’une Ère nouvelle? Tout
l’indique. Tout nous confirme que le temps de la récolte du
blé est arrivé, [45] et qu’en cette occasion un grand battage aura lieu
dans la cour de la ferme, comme le veut la tradition, pour séparer le
bon grain de l’ivraie et de la paille. Ce travail de séparation
terminé, le bon grain sera placé dans le grenier du Seigneur, son
Royaume messianique, alors que l’ivraie et la paille iront au feu.
Ces vérités ne
sont pas proclamées uniquement par Luisa Piccarreta. Les
prophètes chrétiens contemporains affirment tous, qui d’une
manière et qui de l’autre, que le Règne messianique est à
nos portes, qu’il sera fondé sur le Vouloir divin, et que
ce Vouloir sera réactivé en nous par la puissance du
Saint-Esprit. Celui-ci interviendra en nous suite à notre
adhésion volontaire et grâce à l’appel que nous
mêmes aurons lancé vers Lui.
Lorsque
tous les habitants de la terre accepteront de remplacer leur vouloir humain par
le Vouloir divin, on aura sur terre un Corps mystique vraiment
unifié. Le plus tôt c’est le mieux. Et du reste,
l’Esprit Saint nous invite à lui accorder notre adhésion
dès aujourd’hui. [46]
- II -
Luisa Piccarreta, Apôtre du Vouloir
divin
1. - Vouloir
humain et Vouloir divin: le choix.
Au sujet
du Royaume messianique nous savons qu’il y a eu une
préparation à long terme, et que maintenant il y en a une
à court terme. Nous savons aussi que la préparation à
court terme a été confiée par Dieu à Luisa
Piccarreta, qui a vécu en Italie de 1865 à 1947. Luisa
s’est bien acquittée de sa tâche, autant par la parole que
par l’exemple, et le fait d’avoir bien accompli sa mission a fait
d’elle l’apôtre par excellence de la Volonté divine.
[47]
L’idéal que Luisa nous propose au nom de Jésus est
simple: au lieu de simplement FAIRE la Volonté de Dieu, il s’agit
de VIVRE dans cette Volonté. [48]
Au dire
des maîtres spirituels chrétiens, une personne ne peut vivre dans
le Royaume de Dieu si son état spirituel n’est pas conforme
à la Volonté divine, entièrement uni à elle. Bref,
la vie qui nous attend dans le Royaume messianique exige la
présence en nous de la Volonté divine. Avant le
Péché originel cette Volonté était
déjà présente en la personne d’Adam et
d’Ève, mais nos Premiers Parents l’ont délogée
de l’endroit où Dieu l’avait placée. Ils l’ont
rétrogradée pour faire place à leur propre volonté.
[49] Or les
personnes qui maintenant souhaitent faire partie du Royaume messianique
que doivent-elles faire? Elles devraient se préoccuper de redonner
à cette Volonté sa place d’origine, la même que Dieu
lui avait assignée au tout début.
Une
question se présente: «Est-ce possible pour un homme
d’adopter une volonté – divine ou pas – qui ne soit
pas la sienne?»
Possible
oui, évident pour tous non, car certaines personnes trouvent que
l’idée ne leur convient pas. Il faut savoir que le fait de
renoncer à une partie de soi au profit d’un autre, fût-il
Dieu, exige amour, générosité, abandon. Or ces
qualités ne sont pas toujours présentes dans le cœur humain.
Le sacrifice demandé ressemble à celui d’Abraham,
l’ancien patriarche que tous admirent mais peu imitent, et à celui
du Christ que d’aucuns refusent même d’admirer. [50]
Voilà
donc qu’au cours du présent millénaire, dans ce qu’il
semble déjà convenu d’appeler l’Ère
nouvelle, le sacrifice que Dieu nous demande de faire pour nous permettre
d’accéder à son Royaume messianique, est de renoncer
à notre volonté humaine. Une fois ce sacrifice accompli, Dieu se
sentira autorisé à greffer en nous sa Volonté divine,
ce qui aura pour effet de nous diviniser autant sur le plan individuel que sur
le plan collectif. [51]
Par
conséquent, si un être humain veut que cette “greffe”
soit effectuée en lui, il doit renoncer à sa volonté
humaine, l’offrir à Dieu en sacrifice d’holocauste, puis
inviter Jésus à la remplacer avec la sienne, qui est divine. [52] Comme un bon
vigneron toujours amoureux de ses plantes, Jésus se fera un plaisir
d’effectuer en nous la “greffe mystique”. À partir de
cette “greffe”, une vie nouvelle poussera en nous,
conséquence du Vouloir divin, et les fruits qu’elle donnera seront
infiniment supérieurs à ceux de notre volonté humaine
actuelle, si pauvre et individualiste. [53]
Bref, de même qu’autrefois Adam et Ève
ont choisi de mettre au rancart la Volonté divine, de même
aujourd’hui nous pouvons choisir l’opposé. Dieu verra que
nous sommes capables de mettre au rancart notre volonté humaine au
profit de la sienne, [54] et rétablira en nous l’Ordre primordial
du début de la Création. Même si au commencement le Péché
originel a désactivé le plan de bonheur que Dieu avait
préparé pour nous, aujourd’hui nous pouvons
réactiver ce plan. Il suffit pour cela que nous demandions à
Dieu, avec amour, d’opérer en ce sens. L’homme qui
humblement exprime à Dieu son désir d’être
restauré s’aperçoit que Dieu opère vraiment en ce
sens. La confiance, l’amour et la soumission exprimés par ce geste
poussent Dieu à restaurer la personne qui lui en fait la demande. Oui,
ce geste a le pouvoir de nous rendre semblables à ce qu’Adam et
Ève étaient avant la Faute originelle. Est-ce cela l’Homme
nouveau? Et quoi d’autre, si ce n’est pas cela?

Luisa Piccarreta avec son Crucifix.
Dans le
texte qui suit, Jésus nous dit pourquoi Il veut que ses instructions sur
le Vouloir divin soient rendues publiques au plus vite, sans
délais inutiles:
Jésus
à Luisa Piccarreta: «La
sainteté de mon Vouloir veut être connue. Voici pourquoi elle
n’est pas liée à un endroit particulier. Elle ne
connaît pas les portes, les clés, les pièces. Elle est
partout comme l’air que l’on respire, et auquel tous ont accès.
Le Vouloir divin se laissera respirer par l’âme et lui communiquera
sa vie, ses effets, la valeur de sa vie, si l’homme accepte de renoncer
à son vouloir humain. La plus grande gloire qu’une créature
humaine puisse me donner se trouve dans cet idéal de vie, mais pour qu’un
idéal si saint soit aimé, aimé assez pour que tous
veuillent en vivre, il faut qu’il soit connu. La sainteté des
autres vertus est suffisamment connue dans mon Église, [...] mais la sainteté que constitue le
fait de vivre dans mon Vouloir, ses effets, la valeur qu’elle contient,
le dernier coup de pinceau que ma main de Créateur donnera à la
créature pour la rendre semblable à moi, cela n’est pas
encore connu. Voilà pourquoi J’ai si hâte que les
enseignements que Je te donne soient rendus publiques. » [55]
Plusieurs se demandent: quel
avantage y a-t-il à accepter en nous cette “greffe
mystique”?
Quand je le peux, je réponds que le fait de vivre
dans la Volonté divine transforme en ciel le terrain où
cette Volonté s’implante, l’âme d’un individu ou
de celle d’une collectivité. Les êtres humains qui acceptent
en eux cette Volonté finissent par abandonner de façon
radicale tous les caprices qui les rendent orgueilleux, rebelles,
égoïstes. Au cours du troisième millénaire
chrétien cet idéal sera adopté par la totalité (ou
la quasi-totalité) des êtres humains, et donnera naissance
à une société de grands saints, ceux que Jésus
appelle déjà: les “Enfants de lumière de la
Seconde Génération”. [56]
Qui sont-ils ces “Enfants
de lumière de la Seconde Génération”? De toute
évidence il s’agit des personnes qui au cours du troisième
millénaire chrétien accepteront de vivre dans le Divine
Volonté, car le but de la Création est bien
l’accomplissement de Divine Volonté de la part de
tous. Jésus explique à Luisa que la voie que Lui-même a
parcourue pour accomplir l’œuvre de la Rédemption a
été celle de toujours faire la volonté du Père. Il
dit:
Jésus à Luisa
Piccarreta: «Je
n’ai jamais fait ma Volonté, mais toujours celle du Père,
même dans les plus petites choses, comme respirer, regarder, parler,
etc... Mon humanité ne pouvait ni agir ni avoir la vie sans être
animée par la volonté du Père. » [57]
Luisa Piccarreta a vécu dans l’effacement.
Dans un premier temps ses écrits ont été approuvés
par son directeur spirituel (le Père Annibale di Francia), mais en 1938
des ecclésiastiques mal identifiés les ont confisqués et
“bannis”. Cela a été une douloureuse épreuve
pour Luisa, qui toutefois a gardé sa paix grâce à la
confiance qu’elle avait en Notre Seigneur Jésus Christ.
Le “bannissement” de ses cahiers a
duré 58 ans. En 1996, grâce aux bons soins de Mgr Carata et de Mgr
Cassati, deux évêques qui récemment se sont
succédés à la tête du diocèse de Trani, les
cahiers en question ont pu sortir des archives vaticanes, ce qui a permis aux
deux évêques d’introduire auprès des autorités
vaticanes compétentes la cause de béatification de Luisa
Piccarreta. Luisa est aujourd’hui réhabilitée. Qui plus
est, il existe des messages prophétiques qui confirment ses
enseignements. En voici deux:
1. - La Sainte Vierge à don Stefano Gobbi: «La
Nouvelle Ère, que Je vous annonce, coïncide avec le plein
accomplissement de la Volonté
divine. Ainsi va se
réaliser ce que Jésus vous a enseigné à demander
à Dieu le Père. “Que ta volonté soit faite sur la
terre comme au ciel”.
C’est
le temps où les créatures humaines accompliront le Vouloir divin
du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. À partir du parfait
accomplissement du Vouloir divin, la terre entière sera
renouvelée. Dieu va y trouver l’équivalent de son nouveau
jardin d’Eden, et y demeurer en l’aimable compagnie de ses
créatures. » (Voir le
“Livre bleu” de don Stefano Gobbi, à la date du 15
août 1991).
2. - Jésus
à Vassula Ryden: «Aussi longtemps que vous demeurerez
accrochés à ce monde passager, vous ne réussirez pas
à comprendre que c’est en vous livrant corps et âme à
mon Esprit Saint que vos pensées se transformeront en nobles
pensées. C’est alors seulement que ma Volonté sera
faite, après que vous aurez absorbé en vous la puissance de la
divinité. C’est alors seulement que s’accomplira en vous
mon œuvre, et cela
grâce à cette divine noblesse de pensée, à cet
état de divine grâce qui aura pris place en vous. » [58]
La lecture des pages rédigées par Luisa
Piccarreta nous fait prendre conscience qu’il existe une relation directe
entre le Vouloir divin et le Royaume messianique que depuis deux
mille ans nous invoquons avec le “Notre Père”.
D’après cette relation [59] le Vouloir divin est comme une Source, et le Royaume
messianique comme la Rivière qui prend naissance à partir
d’elle. Vivre dans le Vouloir divin, ce sera comme puiser à
l’Eau vive de cette Rivière. Et de même que l’Eau de
cette Rivière coule dans son lit, de même le bonheur coulera sur
notre terre. L’homme qui boira de cette Eau aura la joie de vivre comme
vivaient Adam et Ève avant le Péché originel. Est-il, cet
homme, l’Homme nouveau qui doit renaître en nous comme
Jésus l’a expliqué à Nicodème? Une chose est
certaine, l’homme qui accepte la “greffe mystique” que Dieu
lui propose par les messages de Luisa Piccarreta, sait d’avance que le Vouloir
divin fera de lui un fils de Dieu véritable, déjà
entraîné à la vie du ciel.
2. - Divin Vouloir en action: “Fiat”+“Fiat”+“Fiat”.
Dans le
Plan que Dieu a conçu pour notre humanité, chacune des trois
Personnes divines s’est réservé un rôle, nous dit Luisa
Piccarreta. Le rôle de la Création est celui du
Père, le rôle de la Rédemption est celui du Fils, le
rôle de la Sanctification est celui de l’Esprit Saint. Luisa
dit que chacun de ces rôles peut être exprimé verbalement
par le mot latin: “Fiat”. [60] Elle nous
dit aussi que dans le Plan divin les trois “Fiat” trinitaires
sont successifs: le premier est celui du Père, le deuxième est
celui du Fils, le troisième est celui du Saint-Esprit. En ce moment,
ajoute-t-elle, l’humanité est aux portes du troisième “Fiat”
divin, celui du Saint-Esprit. Le tableau qui suit (n. 1) est offert pour
faciliter la perception visuelle des idées exprimées:
Tableau n. 1:
|
Premier Fiat: “Fiat Lux” = que la
lumière soit. |
|
Deuxième Fiat: “Fiat Redemptio” =
que la Rédemption soit. |
|
Troisième Fiat: “Fiat
Sanctificatio” = que la Sanctification soit. |
Étant
donné la cohésion parfaite [61] qui existe entre les trois Personnes divines, à
chaque fois qu’une Personne de la Trinité intervient pour réaliser
la partie du Plan qui lui revient (le“Fiat” qui lui
appartient), la perfection d’unité qui habite les trois Personnes
divines fait en sorte que toutes les trois y adhèrent, et de
façon parfaite.
L’extrait
suivant en dit long sur ce mystère de sagesse divine, et sur comment
Dieu sait transférer ses qualités divines au niveau humain, notre
niveau. Il s’agit d’un dialogue entre Jésus et Luisa,
daté 24-01-1923 (Cf. vol 15).
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Ma
fille, au ciel ma Volonté inclut le Père, le Fils et
l’Esprit Saint. La Volonté des trois Personnes divines est
unifiée au point d’en former une seule. Alors que les trois
Personnes sont distinctes, la Volonté est unique. Cette Volonté
unifiée forme notre égalité d’amour, de puissance,
de beauté, etc…, tout notre bonheur. Si au lieu d’avoir une
volonté unique, Nous en avions trois, Nous ne pourrions pas être
heureux, et encore moins communiquer notre bonheur aux autres. Nous serions
inégaux dans notre puissance, dans notre sagesse, dans notre sainteté,
etc... Donc, notre plus grand bien, c’est notre Volonté
unifiée qui agit en Nous. Cette Volonté fait jaillir de Nous un
nombre incalculable d’océans de bonheur dont les profondeurs ne
sauraient être mesurées par personne. Notre Volonté, en
constatant le grand bien qui se trouve dans l’action Triple
dirigée par cette Volonté unique qui est la nôtre, veut que
même sur votre terre il y ait trois personnes distinctes agissantes sous
l’impulsion d’une Volonté unique. Ces trois personnes
distinctes sont: la Mère, le Fils, l’Épouse. Notre
Volonté veut que cette Trinité terrestre fasse jaillir, elle
aussi, des océans de bonheur destinées à porter des biens
immenses aux pèlerins de la terre. »
Luisa
Piccarreta à Jésus: «Alors
moi j’ai dit toute émerveillée. “Mon amour, qui va
être cette Mère chanceuse, ce Fils et cette Épouse, qui sur
terre seront la réplique de la Trinité divine, et qui auront en
commun avec Toi une seule et même Volonté?” »
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Comment,
tu ne l’as pas compris? Deux occupent déjà leur place
d’honneur: ma Mère et Moi-même. Moi je suis le Verbe
éternel, Fils du Père éternel et de la Vierge Mère
qui est au ciel. Par mon incarnation Je suis devenu l’enfant véritable
de cette Mère. L’Épouse, c’est la fille toute petite
de mon Vouloir. Ma Mère se trouve à ma droite,
l’Épouse à ma gauche, alors que moi je suis au centre. La
Volonté qui agit en moi communique son écho à droite et
à gauche pour qu’en nous trois il n’y ait qu’une seule
et unique Volonté. C’est la raison pour laquelle j’ai
versé en toi un si grand nombre de grâces, t’ouvrant les
portes de mon Vouloir. Si Je t’ai dévoilé les prodigieux
secrets que contient mon Vouloir, c’est pour t’ouvrir les nombreux
canaux qui en captent l’écho. Mais pour être en mesure de
vivre uniquement de mon Vouloir il fallait que d’abord tu effaces le
tien. N’est-ce pas ce que tu souhaites? »
Le tableau
n. 2 qui suit est offert pour favoriser une vision globale des trois “Fiat”
divins.
Tableau n. 2:
|
“Planification
divine” 3 étapes |
||
|
Première étape |
Deuxième étape |
Troisième étape (Sanctification)
|
|
ANCIEN TESTAMENT |
NOUVEAU TESTAMENT |
TESTAMENT À VENIR |
|
Ère de Justice |
Ère de Miséricorde |
Ère de Sainteté |
Explications:
1) -
Ère de justice (au sens biblique). C’est l’Ère de
Dieu le Père. Elle commence au moment où Adam commet
le Péché originel, et termine au moment où le Christ,
“deuxième Adam”, meurt sur la Croix. La
caractéristique principale de cette Ère de Justice est la
suivante: même si Dieu considère une personne comme
“juste” – c’est le cas d’Abraham, Moïse, et
de tous les grands prophètes et patriarches de l’Ancien Testament
– l’âme de cette personne ne peut accéder directement
au bonheur du ciel au moment de sa mort. Cela explique pourquoi les justes de
l’Ancien Testament, même St Joseph, avant de pouvoir monter au ciel
ont été obligés d’attendre dans les Limbes… Attendre que la Rédemption soit
accomplie.
2) -
Ère de Miséricorde. C’est l’Ère de Dieu le Fils.
L’Ère de Miséricorde commence quand le Christ meurt sur la
croix, car la Rédemption est accomplie à ce moment-là. La
caractéristique principale de cette Ère est que les âmes
qui meurent en état de grâce peuvent aller directement au ciel,
sans être obligées d’attendre dans les Limbes comme
les Justes de l’Ancien Testament étaient obligés de
faire. Par contre, les âmes qui au cours de cette Ère meurent en
état de grâce sans être entièrement purifiées,
vont dans un lieu appelé Purgatoire. [62] Cette
Ère de Miséricorde est censée durer jusqu’au moment
où Jésus reviendra dans la gloire pour instaurer son Règne
temporel: le Règne messianique. En vue de cet
événement la terre va être purifiée,
renouvelée, et dotée d’une nouvelle configuration astrale,
etc. [63]
3) -
Ère de sainteté. C’est l’Ère de Dieu le Saint-Esprit.
Cette Ère est présentée par les prophètes comme une
période de bonheur qui commencera à la Fin des Temps, et
terminera à la Fin du Monde. Cette Fin des Temps semble
arrivée, car en 1948 les Juifs ont reconstitué leur ancien
État d’Israël. [64] Cette
Ère nous fait penser au “Millénaire de Paix” que St
Jean nous décrit dans l’Apocalypse (Ap 20, 1-6). Elle nous fait
penser aussi au “Royaume de Dieu” que depuis 2.000 ans les
chrétiens invoquent par la prière du “Notre
Père”. C’est dans ce “Règne de paix et de
bonheur” que la Rédemption atteindra son épanouissement
final.
Nouveauté
surprenante: les trois étapes à peine mentionnées semblent
avoir une durée bien précise: la première une durée
de 4.000 ans, la deuxième une durée de 2.000 ans, et la
troisième une durée de 1.000 ans. [65] Voici un
troisième tableau conçu pour résumer visuellement ce qui a
été dit jusqu’ici:
Tableau n. 3:

Puisque la cohésion divine est une cohésion
parfaite, chaque fois qu’une Personne trinitaire intervient pour
réaliser la partie du plan qui lui est réservée,
c’est comme si les trois Personnes étaient toutes présentes
(avec leur Volonté respective) dans l’action qui est en cours.
Pour comprendre comment tout cela se tient, le lecteur
est invité à lire l’extrait qui suit. Jésus nous
l’a donné par l’entremise de Maria Valtorta, [66] qui l’a écrit pendant que le monde vivait
la tragédie de la deuxième guerre mondiale.
Jésus à Maria Valtorta: «Comme celui qui recherche avant tout ce qui
est pour lui prioritaire, ce qui pour moi compte le plus, et que Je vise
constamment, c’est mon Royaume. Dans quel but me suis-je incarné?
Pour l’avènement de mon Royaume. Pourquoi me suis-je soumis aux
souffrances de ma Passion et de ma Mort? Pour l’avènement de mon
Royaume. La preuve de ma puissance infinie, de ma bonté infinie, de ma
sagesse infinie, c’est l’avènement de mon Royaume. Mon
Royaume est la preuve de la vie éternelle, de la résurrection de
la chair, et de mon pouvoir de Juge. Donc, dans l’explication que Je vous
donne de l’Apocalypse, chaque point, ou presque, est couronné soit
par l’idée de mon Jugement, soit par celle de mon Triomphe, soit
par celle de mon Règne, soit par celle de la défaite de Satan en
soi, [67] dans sa créature humaine, [68] ou dans les précurseurs de sa créature.
» [69]
À la suite du schéma visuel n. 2 nous avons
noté que les justes de l’Ancien Testament étaient
obligés d’attendre la Rédemption avant d’être
admis au bonheur du ciel, alors que les “justes” du Nouveau
Testament, appelés “saints”, sont admis au bonheur du ciel
dès leur trépas. Sur la base de cette progression logique il nous
est permis de croire que les futurs saints, ceux de l’Ère
nouvelle, connaîtront ou pourront connaître le bonheur du ciel
dès cette terre.
Ce concept est confirmé par l’Apôtre
Jean qui dans l’Apocalypse nous parle de première résurrection. Pour comprendre cette
réalité nouvelle que Jean essaie de nous dévoiler en
parlant de première
résurrection, il
faudrait accepter que les Saints de l’Ère nouvelle puissent
connaître le bonheur du ciel dès cette terre.
C’est bien ce que Luisa Piccarreta nous laisse
entendre lorsqu’elle dit que l’humanité est faite pour vivre
dans le Divin Vouloir, et que
ce Vouloir nous divinisera. Cela signifie que le Règne messianique sera
à l’image du paradis terrestre qu’Adam et Ève ont
connu avant le Péché
originel, ce qui implique que notre première
résurrection nous permettra de vivre sur cette terre comme si nous
étions déjà au ciel.
Est-ce donc dire que ce Règne, dit messianique,
correspond au Millénaire de Paix dont St Jean nous parle au
début du vingtième chapitre de l’Apocalypse? [70] Ma réponse est “oui”,
tout l’indique. Et ce genre de vie est possible dès à
présent sur le plan individuel. En effet, si aujourd’hui une
personne se sent poussée à vivre dans le Vouloir divin,
elle le peut. Il suffit pour cela qu’elle renonce à sa propre
volonté humaine – héritière de celle qui nous a tous
trahis en la personne de nos Premiers
Parents – et qu’elle demande à Dieu de la remplacer par
la sienne, qui est divine. La réponse de Dieu, sous la forme d’une
Pentecôte d’abord personnelle, ne se fera pas attendre bien
longtemps.
3. - Amour
triple, et toujours actif.
Au nom de Jésus qui lui dit d’écrire,
et qui parfois va jusqu’à lui dicter chaque parole, Luisa
Piccarreta nous a laissé ceci:
Luisa raconte: «Alors
que j’étais dans mon état habituel, mon Jésus toujours
aimable me fit voir le révérend Père qui doit
s’occuper des écrits sur l’adorable Volonté de Dieu.
S’approchant de ce prêtre Jésus lui dit: »
Jésus:
«Mon fils, le titre que tu donneras au livre que tu feras imprimer au
sujet de ma Volonté, sera le suivant: “Le Royaume du “Fiat” parmi les créatures.
Livre du ciel”.
La
créature doit se rappeler:
l’Ordre
avec lequel elle a été créée,
la Place dans laquelle elle a été
créée,
le But pour lequel elle a été
créée. »
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Tu
vois, Je veux que le titre soit le reflet de la grande œuvre de ma
Volonté. Je veux que la créature comprenne que sa place, celle
que Dieu lui a assignée, est dans ma Volonté. Je veux
qu’elle sache qu’aussi longtemps qu’elle ne rentrera pas dans
cette Volonté, elle sera sans place, sans ordre, et sans but. Elle sera
dans la Création comme un corps étranger, sans droits
véritables, sans héritage, sans paix. Moi, ému par son
état, Je lui crierai sans cesse: “Prends la place qui est la
tienne, viens dans l’ordre, viens prendre l’héritage qui
t’appartient, viens vivre dans ta maison! [...] Pourquoi vouloir vivre dans des maisons
étrangères, occuper un terrain qui n’est pas le tien?
Pourquoi être malheureuse sur un terrain qui n’est pas le tien,
servir d’appât aux choses créées sur un terrain qui
n’est pas le tien? Les choses créées par moi, si elles
demeurent à leur place, elles sont dans l’ordre, dans
l’harmonie parfaite. Elles ont la plénitude de leurs biens, ceux
que Dieu leur a assignés. Toi seule veux être malheureuse?
Volontairement malheureuse? Viens donc à ta place. C’est là
que Je t’appelle et que Je t’attends”. [...]
Luisa, ma fille, nos œuvres sont si belles! Elles chantent notre
gloire éternelle et font notre honneur. Toutes se maintiennent à
leur place. Chacune accomplit sa tâche parfaitement. Il n’y a que
l’homme qui nous déshonore dans notre Œuvre de
création, car le fait de se retirer de notre Volonté le fait
marcher la tête par en bas et les pieds en l’air. [...] Quel désordre, quel
désordre! Cela donne le dégoût seulement à le voir.
[...]
La
tâche de la tête est de dominer, non de marcher. Marcher est une
tâche qui revient aux pieds. Votre volonté, c’est comme la
pierre d’achoppement qui vous fait tomber à terre de tout votre
poids, et provoque le désordre de la famille humaine. Voilà
pourquoi Je suis intéressé à ce que ma Volonté soit
connue. Je veux que l’homme retrouve sa place, et ne marche plus la
tête en bas, mais avec ses pieds; ne mette plus le désordre dans
ses affaires et les miennes, mais fasse son honneur et le mien. » (Corato, 27 août 1926). [71]
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Ah!
Ma fille, toujours plus la créature s’adonne au mal! Que de machines ne sont-ils en train de
mettre au point pour détruire!
Ils finiront par épuiser le mal dans son entier. Mais pendant que
de leur côté ils poursuivront leur voie, de mon côté
Je ferai en sorte que vous soyez exaucés dans la réalisation de
mon “Fiat Voluntas Tua”, pour que ma Volonté règne
sur la terre, et d’une façon toute nouvelle. Je me consacrerai
à la préparation de l’Ère du troisième
“Fiat”, au cours de laquelle mon amour éclatera de
façon merveilleuse et inouïe. [...] Oui. Je veux que l’homme
soit entièrement confondu par mon amour! Pour cela, sois docile. Je veux que tu sois
avec moi dans la préparation de cette divine Ère d’Amour,
digne du paradis. » (8
février 1921). [72]
En conclusion, si on médite sur ce que Luisa Piccarreta nous
explique, on découvre une fois de plus que “Dieu est amour”,
et si nous poussons plus loin notre méditation, nous découvrons
que si l’amour est actif par définition – comme on nous
l’a si bien appris autrefois – en Dieu-Amour il y aurait toujours
de l’action, et cette action divine perpétuelle serait constamment
dictée par l’amour.
Le mot latin qui représente une forme de vie qui se réalise
à partir d’une volonté capable de la concevoir,
c’est: “Fiat” = “Que cela soit”. Il en
découle que si le mot Amour
est fusionné ou additionné au mot “Fiat”,
à toute fin pratique cela pourrait définir “Dieu”. En
effet l’union de ces deux concepts en engendre un troisième que
nous pourrions appeler: Puissance d’Amour toujours en action. [73]
- III -
Luisa Piccarreta: sa vie et son oeuvre
1 - Luisa
Piccarreta: l’essentiel de sa vie. [74]
Luisa Piccarreta voit le jour le 23 avril 1865 dans une petite ville
italienne nommée Corato, située dans la région des
Pouilles, qui forme le talon de la botte italienne. Son père
s’appelle Vito-Nicola Piccarreta et sa mère Rosa Tarantini. Ils la
font baptiser le même jour. À l’âge de 9 ans Luisa
fait sa première communion, et le même jour elle reçoit
aussi le sacrement de Confirmation. Environ un an plus tard elle commence
à entendre une voix qui lui parle intérieurement, et qui par ce
moyen finit par devenir son guide sur les choses spirituelles. Elle finit par
comprendre que cette voix est celle de Jésus. Lorsque Luisa atteint
l’âge de 16 ans, Jésus lui propose de se vouer
entièrement à la Volonté divine, et elle accepte.
À l’âge de 17 ans Luisa commence
à vomir sa nourriture, régulièrement, et d’une
façon si bizarre – la nourriture vomie est toujours intacte et
parfumée – que sa famille se voit contrainte d’appeler
à son secours presque tous les prêtres de la ville, un
après l’autre. Les phénomènes sont si
étranges que même les prêtres se montrent
dépaysés. Ceux qui ne se révoltent pas, capitulent, et
cela provoque chez Luisa des souffrances morales considérables,
d’autant plus que le comportement des membres de sa famille finit par
ressembler à celui des prêtres, plutôt réprobateurs. [75] Dans ce
climat d’incompréhension Luisa reçoit du curé de sa
paroisse l’ordre de manger régulièrement, même si
elle sait que quelques instants après elle va régurgiter le tout.
Luisa se contente d’obéir.
Luisa est de moins en moins en condition de mener une vie
normale, et à l’âge de 22 ans elle se voit contrainte de
garder le lit en permanence. Cela a pour effet de favoriser sa vie spirituelle.
En effet, le 16 octobre 1888 – elle a 23 ans – Jésus
l’invite à accepter des “épousailles
mystiques”. Cette union mystique est ratifiée par la
Très-sainte Trinité onze mois plus tard, le 8 septembre 1889, en
la présence de la Cour céleste tout entière. En cette
occasion Luisa reçoit le plus grand cadeau que Dieu puisse offrir
à une créature humaine: le don de la Volonté divine,
un don qui dépasse même celui du mariage mystique. [76] Si les
choses se sont déroulées telles que rapportées – et
rien nous pousse à croire le contraire – en ce 8 septembre 1889,
fête de la nativité de la Vierge Marie, Dieu aurait
déposée la première semence de son troisième Fiat,
celle de son Royaume temporel, dans un cœur humain choisi parmi les plus
petits et cachés de la terre, le cœur de Luisa Piccarreta. Et tout
cela se serait produit à l’insu de tous, dans le silence et la
modestie la plus totale. [77]

Luisa de son
vivant
En
février 1899, par obéissance au Seigneur et à son
confesseur, Luisa commence à écrire tout ce que Jésus lui dit
d’écrire. Cela dure une quarantaine d’années, et
pendant ce temps Luisa met sur papier tout ce que Jésus lui explique sur
le mystère de la Volonté divine. Luisa meurt d’une
pneumonie le 4 mars 1947, cinquante jours avant d’avoir pu atteindre ses
82 ans.
Luisa a eu
quatre sœurs, mais aucun frère. Elle a vécu toujours
à Corato, sauf pour les mois où, au temps de son enfance, sa
famille se rendait à une ferme qui portait le nom de “Torre
disperata”. Étant jeune Luisa était timide, peureuse
même. Elle avait souvent des rêves qui la rendaient craintive; elle
voyait la Vierge Marie qui chassait le démon loin d’elle. À
sa mort, survenue à l’âge de 82 ans, il a été
impossible de redresser son corps qui pendant toutes ces années avait
fini par prendre la forme d’un “L”. Pour l’enterrer on
a donc fabriqué un cercueil spécial, lui aussi en forme de
“L”.
Outre sa
correspondance, Luisa a laissé 36 cahiers manuscrits qui parlent de la Volonté
divine. Après avoir été confisqués par des
autorités ecclésiastiques pour des raisons encore mal
définies, ces cahiers ont été déposés aux
archives vaticanes, et oubliés dans ces archives pendant 58 ans.
Récemment ils ont été récupérés
grâce à l’intervention providentielle de deux
évêques, Mgr Carata et Mgr Cassati, ex-titulaires successifs du
diocèse de Trani où se trouve Corato. En 1994 le Vatican a
demandé à Mgr Cassati, alors évêque de Trani, de
mettre en marche le processus de béatification de Luisa Piccarreta. Cela
a été fait. Cette cause de béatification a
été officiellement introduite au Vatican le 20 novembre 1994,
jour de la fête du Christ-Roi.
Le cas de
Luisa ressemble un peu à celui de Sœur Faustine Kowalska,
totalement réhabilitée après avoir subi le rejet des
siens. Le Père Annibale Di Francia, ex-directeur spirituel de Luisa et
aujourd’hui un saint canonisé, nous parle de Luisa en ces termes:
Le Bienheureux Annibale Di Francia au sujet de Luisa: «Luisa, âme solitaire, est une vierge
très pure, toute à Dieu. Elle apparaît comme un objet de
prédilection singulière du Divin Rédempteur qui,
siècle après siècle, multiplie sans cesse les merveilles
de son amour. Il semble que Dieu ait voulu faire de cette vierge,
dénuée de toute instruction, un instrument apte à une
mission très sublime, à savoir: le triomphe de la Volonté
divine sur toute la terre. » [78]
Lorsque
Luisa a commencé à entendre la voix de Jésus lui demandant
le détachement d’elle-même et de tout, elle avait 11 ans.
Quelques années plus tard Jésus a recommencé à lui
parler pour lui dire ceci:
Jésus à Luisa Piccarreta: “Je veux de toi la parfaite conformité
à ma Volonté, de manière que ta volonté vienne
à se fondre totalement dans la mienne.” [79] Puis ceci:
Jésus à Luisa Piccarreta: “J’ai fait le tour de la terre,
j’ai regardé une par une toutes les créatures pour trouver
la plus petite, et parmi elles Je t’ai trouvée, toi, la plus
petite de toutes. Ta petitesse m’a plu, et Je t’ai choisie. Je
t’ai confiée à mes anges afin qu’ils te gardent, non
pour te faire grande, mais pour conserver ta petitesse. Maintenant Je veux
commencer la grande œuvre de l’accomplissement de ma Volonté.
Avec elle tu ne te sentiras pas plus grande, au contraire, ma Volonté te
rendra plus petite, et tu continueras à être la fille toute petite
de ma Volonté”. [80]
Nous avons
vu un peu plus tôt que le 8 septembre 1889 Luisa Piccarreta a vécu
l’expérience du “mariage mystique” avec Jésus,
et qu’en cette occasion elle a reçu le “Don du Vouloir
divin”. Quelques jours après, son céleste époux lui
a dit:
Jésus à Luisa Piccarreta: “Depuis quelques jours, Nous, les trois
Personnes de la Sainte Trinité, sommes descendues du ciel et avons pris
possession de ton cœur. Nous y avons fait notre demeure
perpétuelle. Nous avons pris les rênes de ton intelligence, de ton
cœur, et de toute ta personne. Chaque chose que tu fais maintenant est une
émanation de notre Volonté créatrice en toi.” [81]
Jésus admet Luisa dans
les mystères de son amour en la traitant avec une grande tendresse,
digne de lui seul. Luisa demeure cependant ce qu’elle est, une
créature humaine craintive, portée à se faire du souci
pour ceci ou pour cela. Des fois ses craintes ont pour objet les phrases
qu’elle est en train de rédiger. Elle s’inquiète sur
ce qui pourrait leur arriver plus tard, même après sa mort. Elle
souffre le martyre à l’idée que ces belles pages puissent
un jour servir de repas à la curiosité de personnes indignes,
devenir comme des perles données aux pourceaux. Elle ne voudrait pas que
cela se produise. Alors Jésus vient à son secours, et pour
l’aider à vaincre ses inquiétudes, Il lui parle de
façon tendre et rassurante, comme dans l’exemple que voici:
Jésus à Luisa Piccarreta: “Ma fille, ne sois pas inquiète. Ces
écrits ne sont pas à toi; ils sont à moi. Cesse de te demander
dans quelles mains ils finiront. Personne ne pourra les salir en les touchant.
Je saurai les préserver. Ils m’appartiennent. Ceux qui les liront
avec bonne volonté y trouveront une chaîne de lumière et
d’amour, la même lumière et le même amour qui me
poussent à aimer chaque être humain individuellement. [...] Ces
âmes sentiront en elles les flammes de mon amour lorsqu’elles les
liront par soif de vérité. Ils se sentiront transformés en
amour, et m’aimeront encore plus.” [82]
Ou comme dans cet autre exemple:
Jésus à Luisa Piccarreta: “Ne te trouble pas, ma fille, courage. Ce que
J’ai fait en toi était nécessaire à mon amour. Il
fallait que tu sois instruite au sujet de ma Volonté divine. Cette
Volonté est celle qui m’a servi dans ma propre vie, celle qui
m’a permis d’accomplir l’œuvre de la Création. Voilà la raison pour
laquelle il est nécessaire qu’au commencement de cet état
qui est le tien, J’emploie avec toi des stratagèmes d’amour.
Le degré d’intimité que Je t’accorde tient de
l’incroyable. Je suis arrivé à ce résultat, et
t’ai fait tant souffrir aussi, pour voir si tu te soumettais à
tout. Puis Je t’ai inondée de mes grâces et de mon amour, et
t’ai de nouveau soumise à la souffrance pour m’assurer que
tu ne m’avais rien refusé. Tout cela pour vaincre ta
volonté. Donc, tout ce que j’ai fait au début de cet
état qui est le tien était nécessaire.
C’était de la préparation. Il fallait préparer une
toile de fond, un scénario, quelque chose de beau, quelque chose de
saint pour que tu sois bien disposée face aux grandes
vérités que Je m’apprêtais à te transmettre au
sujet de ma Volonté divine. [...]
Donc ces écrits seront plus sous ma protection que
sous la tienne. Après tout, ce sont mes écrits. Une seule
vérité sur mon “Fiat” me coûte un prix qui
dépasse la valeur de toute la Création. La Création est
simplement mon œuvre, alors que ma vérité, c’est ma
vie, la même que Je veux donner à mes créatures humaines.
Songe, pour comprendre, aux souffrances auxquelles tu as été
soumise, aux grâces que Je t’ai accordées pour parvenir
à te communiquer les vérités qui touchent à mon
saint Vouloir.” [83]
Mais Luisa souffre
énormément de l’obligation qu’elle a de mettre par
écrit les secrets de sa vie spirituelle, tout cela au nom de la sainte
obéissance. Lorsque cette souffrance devient trop forte, au point de lui
faire peur, elle s’ouvre à Jésus. Elle lui confie
qu’elle n’en peut plus.
Luisa raconte: “Pendant
que j’écrivais, je sentais le grand poids du sacrifice que
comporte pour moi le fait d’écrire. J’offrais ce sacrifice
à mon Jésus pour obtenir la grâce que sa Volonté
divine soit connue, recherchée, et aimée de tous. [...] Comme j’étais souffrante,
et que je poursuivais l’écriture au prix d’un grand effort,
mon doux Jésus pour me fortifier m’a ainsi parlé:”
Jésus à Luisa Piccarreta: “Fille bien-aimée, courage! Je suis
avec toi. Pendant que tu écris, ma complaisance est telle
qu’à chaque mot que tu écris, Je te donne un baiser. A
chaque mot Je t’embrasse, Je te fais cadeau d’une parcelle de ma
Vie divine. Veux-tu en connaître la raison? C’est que Je vois dans
ces écrits la reproduction de l’éternelle vie d’amour
de notre Trinité, la copie de notre Volonté divine en action.
L’amour trinitaire, qui s’est vu refoulé pendant six mille
ans, s’épanche, donne des rafraîchissements à la
grande soif qui le brûle, fait savoir à quel point Il aime la
créature humaine, jusqu’à vouloir lui donner sa
Volonté comme vie. Tout cela pour que d’un côté comme
de l’autre nous puissions dire: “Ce qui est à moi est
à toi”, et pour que nous puissions dire aussi que notre amour
réciproque est enfin de force égale: “Ce que Je veux, elle le
veut” [...]
Si dans notre amour il y avait une disparité,
l’amour de l’un et de l’autre se trouverait affecté.
Si l’un de nous deux voulait une chose et l’autre ne la voulait
pas, l’union serait brisée, l’amour aussi. Et puisque mon
amour est un amour vrai, sachant que la créature humaine possède
amour et volonté finis, Je lui fais cadeau de mon amour et de ma
Volonté infinis. Ainsi nous pourrons dire que nous nous aimons
d’un seul amour, et qu’entre nous il y a une seule et unique
Volonté. Si chacun de nous deux ne devient pas la volonté de
l’autre, l’amour vrai n’existe pas, et la source de
l’amour demeure inaccessible. Tu devrais donc te réjouir de ton
sacrifice d’écrire, sachant que mon amour s’exprime
grâce à ce sacrifice. Mon amour, comme tu sais, s’est vu
réprimé pendant des siècles, et la chaleur de ses flammes
est si forte que J’en perds la raison.
Aimons-nous donc d’un seul cœur, et disons
tous les deux “ce que tu veux, je le veux”. Dis ceci
“Jésus, prends ma volonté dans la tienne, ou donne-moi la
tienne pour vivre”. [84]
Luisa
commence presque tous les chapitres de ses livres par l’expression:
“En poursuivant mon état habituel”. Ces mots indiquent une
condition de vie qui la plonge dans le Vouloir divin. Elle est
liée à Dieu. Le fait de vivre dans cet état lui permet de
participer à tout ce que Dieu fait dans les créatures et en
Lui-même, au ciel et sur la terre, dans le temps et dans
l’éternité. Plongée dans l’immensité du
Vouloir divin elle exprime à son Créateur sa
reconnaissance, son adoration, sa louange, et la reconnaissance de toute sa
gloire. Son “état habituel” est donc le fait de vivre en
Dieu, plongée en lui en étant plongée dans le Vouloir
divin. Jésus l’encourage en lui disant par exemple:
Jésus à Luisa Piccarreta: “Continue ton vol dans mon Vouloir, parce que
la volonté humaine renferme des faiblesses, des passions, des
misères, qui sont des voiles qui empêchent de
pénétrer dans ma Volonté éternelle.” [85]

Luisa après son décès
Un jour Jésus confie
à Luisa que son agonie au Gethsémani a été plus
douloureuse que celle de la croix. Cette dernière, lui dit-Il,
était le triomphe sur tout et l’achèvement de tout, mais le
Gethsémani en était le commencement. Au cours de l’agonie
du Gethsémani Jésus s’est senti défaillir. Cela
s’est produit lorsque les péchés du monde lui ont
été présentés un à un. Voici ses propres
paroles:
Jésus
à Luisa Piccarreta: “Mon
humanité languissait, et J’étais sur le point de recevoir
le coup de grâce mortel. Sais-tu ce qui en a empêché
l’exécution pour que Je ne meure pas à ce moment-là?
Sais-tu ce qui a soutenu mon humanité? La première a
été ma Mère, mon inséparable Mère.
M’ayant entendu appeler au secours elle est accourue vers moi pour Me
supporter. Alors que la mort m’envahissait J’ai posé mon
bras droit sur elle, et en la regardant J’ai trouvé en elle ma
Volonté dans toute son immensité. Elle était intacte. Or
ma Volonté est vie.
Étant donné que le Père
éternel était inflexible, et que la mort m’était
donnée par les créatures, ce fut une créature
habitée par la vie de ma Volonté qui me redonna la vie. Ma
Mère, qui dans un prodige de ma Volonté m’avait
déjà conçu et permis de naître dans le temps, ma
Mère à ce moment-là me redonna la vie une deuxième
fois pour que Je puisse porter à terme l’œuvre de la Rédemption.
Par la suite J’ai regardé vers la gauche, et Je t’ai
trouvée, toi, fille toute petite de mon Vouloir divin. Tu étais
la première, avec à ta suite d’autres filles de ma
Volonté. De la même façon que J’avais posé mon
bras droit sur ma Mère, l’ayant choisie comme premier anneau de ma
miséricorde (car Je voulais que les portes de cette miséricorde
s’ouvrent à toutes les créatures humaines), ainsi
J’ai posé mon bras gauche sur toi, t’ayant choisie, toi,
comme premier anneau de ma Justice (Je voulais que tu m’aides à la
soutenir pour qu’elle ne frappe pas les créatures humaines qui
font tout pour la mériter). Avec ces deux appuis, J’ai senti en
moi comme une nouvelle vie, et J’ai marché à la rencontre
de mes ennemis d’un pas résolu, comme si Je n’avais rien
souffert. Au milieu des souffrances de ma Passion, dont certaines
étaient de nature à provoquer ma mort, ces deux appuis ne
m’ont jamais quitté. S’ils me voyaient proche de mourir,
alors, avec ma Volonté qui était en elles, elles me soutenaient
et me donnaient des regains de vie.
Oh! Les
miracles de ma Volonté! Qui
jamais pourra les compter, ou exprimer leur valeur? Voilà pourquoi
J’aime tant les personnes qui vivent dans ma Volonté. En elles Je
reconnais mon image, mes propres traits de noblesse. En elles J’entends
ma propre voix, Je sens ma propre respiration. Si Je renonçais à
les aimer, Je me ferais du tort à Moi-même. Je serais comme un roi
sans héritiers, sans la noble suite de sa cour, sans la couronne de ses
enfants. Et si Je n’avais pas d’héritiers, ni de cour, ni
d’enfants, comment pourrais-Je me considérer roi? Mon Royaume est constitué
de ceux qui vivent dans ma Volonté. Ma Mère, ma Reine, mes
enfants, mes ministres, mon armée, mon peuple tout entier, sont tous
choisis dans ce Royaume. Pour moi ils sont tout, et pour eux Je suis
tout.” [86]
Jésus
explique à Luisa qu’il est typique de son Vouloir suprême
d’opérer les plus grands prodiges dans des âmes vierges et
inconnues.
Jésus
à Luisa Piccarreta: “Non
seulement vierges de nature, mais aussi vierges d’affections, de
cœur, de pensée, parce que la vraie virginité est
l’ombre divine.” [87]
2 - Luisa Piccarreta: “Première des
âmes qui formeront la Seconde Génération des Enfants de
lumière”. [88]
Les “Enfants
de lumière”, on le devine bien, ce sont les saints. Il y en a
eu dans le passé et il y en aura aussi dans l’avenir. Mais que
signifie: “Enfants de lumière de la Première
Génération”, et “Enfants de lumière
de la Seconde Génération” ? D’où
vient cette distinction? Est-ce que les saints ne sont pas tous de la
même trempe, candidats au ciel au même titre?
Ces
expressions sont de Jésus, qui les utilise au cours des dialogues
qu’Il a avec Luisa. Au tout début elles m’apparaissaient
mystérieuses car pour bien les comprendre la simple connaissance des
événements du passé ne me suffisait pas. Il me fallait une
certaine connaissance des choses à venir. Cette connaissance m’a
été donnée au fur et à mesure que ma lecture
progressait. J’ai compris, en écoutant les confidences de
Jésus à Luisa, que la sainteté de l’avenir dépassera
de beaucoup la sainteté du passé, pour une raison bien simple: au
lieu d’être une sainteté humaine, la sainteté du
futur sera divine. Luisa dit que les futurs saints seront comme les grands
arbres d’une forêt, alors que les saints du passé seraient
comme des buissons.
Pour
prouver et clarifier tout cela, rien de mieux qu’une partie du dialogue
survenu entre Jésus et Luisa le 6 octobre 1922. Ce dialogue nous donne
une idée de comment seront les Saints de l’Ère nouvelle.
Luisa elle-même semble désorientée face à ce que Jésus
lui dévoile. Voici le dialogue:
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Ce
ruisseau du Vouloir divin, Je veux qu’il sorte de toi. »
Luisa
Piccarreta à Jésus: «Jésus,
mon amour, l’Église est en vie depuis des siècles. Elle a
mis au monde beaucoup de Saints. Plusieurs d’entre eux ont
émerveillé et le ciel et la terre par leurs vertus et par les
merveilles qu’ils ont accomplies. Est-ce possible que ces Saints
n’aient pas œuvré dans ton Vouloir divin de façon
à commencer le ruisseau dont tu parles? Pourquoi fallait-il que
ça soit moi? Je suis la plus malhabile, la plus ignorante, la plus
espiègle. Il me semble que cela ne tient pas debout! »
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Écoute,
ma fille. Ma sagesse connaît des chemins que l’homme ignore
complètement. Devant ma sagesse l’homme est tenu de baisser la
tête en silence, et en esprit d’adoration. Ce n’est pas
à lui de me dire quoi faire, qui choisir, à quel moment. Ma
bonté a déjà pensé à tout cela. De toute
façon, il fallait que d’abord soient constitués les Saints
qui selon leurs capacités devaient me ressembler en imitant le plus
parfaitement possible mon humanité. Cela a été fait. Ces
limites atteintes, ma bonté exige maintenant qu’on les
dépasse. Ma bonté veut montrer de quelle sorte d’amour elle
excède. Elle veut que les nouveaux Saints entrent dans mon
humanité et copient ce que l’âme de mon humanité
faisait dans la Volonté divine.
Les Saints du passé ont coopéré au
plan de la Rédemption en sauvant des âmes, en enseignant la Loi,
tout cela dans les limites des siècles où ils ont vécu.
Les Saints de l’avenir, eux, franchiront ces limites. Ils copieront ce
que l’âme de mon humanité faisait dans la Volonté
divine. Ils embrasseront tous les siècles et toutes les
créatures. Ils s’élèveront au-dessus de tous, et
remettront en vigueur les droits de la Création, des droits qui me
reviennent, et qui vous concernent en tant que créatures de Dieu. Ils
reconduiront toute chose à l’origine première de la
Création et au but pour lequel la Création a été
pensée et réalisée. Tout est ordonné en moi. Si la
Création a fait fausse route, il faut que maintenant elle me revienne
dans l’ordre, le même ordre qu’elle avait à
l’origine.
Le premier plan des actes
humains changés en actes divins dans mon Vouloir a déjà
été fait par moi, mais Je l’ai laissé comme en
suspens, et vous n’en avez rien su, sauf ma chère Maman qui ne
peut être séparée de moi. Et cela est nécessaire. Si
l’homme ne connaît ni le chemin, ni la porte de mon
humanité, ni comment sont ses pièces, comment pourra-il y entrer
pour copier ce que moi je faisais? C’est maintenant que le moment est
arrivé pour que l’homme entre dans ce plan, et y mette du sien par
dessus le mien. Y a-t-il de quoi être surpris si moi j’ai
décidé de te choisir la première?
Veux-tu en savoir plus? Tu es
vraiment la première à avoir été appelée.
Personne avant toi, même la plus chère, n’a eu la
révélation de comment on vit dans mon Vouloir, personne n’a
jamais su quels sont ses effets, ses merveilles, les bienfaits que
l’homme reçoit en œuvrant dans le Vouloir suprême.
Examine toutes les vies de Saints que tu veux, toutes les doctrines que tu
veux, nulle part il est question des prodiges de mon Vouloir œuvrant dans
le vouloir humain, ou du vouloir humain œuvrant dans le mien. Au plus tu
trouveras la résignation, l’union des deux vouloirs, mais le
Vouloir divin qui opère en l’homme et l’homme en moi, tu ne
le trouveras pas.
Tout ceci pour te dire
qu’avant aujourd’hui le moment n’était pas encore
arrivé pour l’homme de vivre dans cet état sublime.
C’est maintenant que ma bonté l’appelle à cela.
» [89]
Le dialogue suivant entre
Jésus et Luisa nous montre en quoi consiste la mission de Luisa, qui
pour Jésus est déjà la: “Première des âmes qui formeront la Seconde
Génération des Enfants de lumière”.
Luisa
raconte: Je pensais à ce
que Jésus m’avait dit quelques jours plus tôt, [90] et je me disais à moi-même. “Comment
est-ce possible que je sois le deuxième appui de Jésus, juste
après ma céleste Mère?” Alors Jésus, m’attirant
vers lui à l’intérieur d’une grande lumière me
dit: »
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Ma
fille, pourquoi ces doutes? Qu’est-ce qui te fait douter ainsi? »
Luisa
à Jésus: Ma grande
misère! »
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Oublie
ta misère pour l’instant. De toute façon, si Je ne
t’avais pas élue, j’aurais dû prendre quelqu’un
d’autre de la famille humaine, car celle-ci a rejeté ma
Volonté, et par ce geste a torpillé le projet que la
Création devait me rendre en termes de gloire et d’honneur. Donc
quelqu’un de la famille humaine – une personne continuellement unie
à ma Volonté, vivant avec ma Volonté bien plus
qu’avec la sienne, et embrassant toute chose dans ma Volonté
– aurait eu pour mission de s’élever au-dessus de tout, de
façon à déposer aux pieds de mon trône la gloire
l’honneur et l’amour que les autres ont négligé de
m’offrir. Le but véritable de la Création n’est pas
d’accomplir de grandes œuvres, mais celui d’accomplir ma
Volonté. Tout ce qui n’est pas le fruit de ma Volonté Je le
considère futile, et le méprise. Cela explique pourquoi des
quantités d’œuvres humaines tombent en ruines au moment
crucial. Cela vient du fait qu’elles n’abritent pas en elles la vie
de ma Volonté.
Lorsque
l’humanité s’est séparée de ma Volonté,
elle a détruit ce qui pour moi comptait le plus, l’objectif pour
lequel Je vous ai créés. Et alors que de son côté
l’humanité s’est complètement ruinée, de mon
côté J’ai été privé de la gloire et de
l’amour que j’aurais dû recevoir en tant que Créateur.
Mais puisque mes œuvres portent la marque de l’Éternel, ma
sagesse et mon amour éternels ne pouvaient pas laisser
l’œuvre de la Création sans les résultats
prévus par Dieu pour sa propre gloire. Voilà donc la
Rédemption, par laquelle J’ai expié les
péchés des hommes, et non seulement par mes souffrances multiples
mais aussi en renonçant à ma volonté humaine au profit de
la Volonté divine, même dans les choses les plus insignifiantes,
comme respirer, regarder, parler, etc… Mon humanité ne bougeait
pas, ni ne vivait, à moins d’être animée par la
Volonté de mon Père. J’aurais préféré
mourir mille fois plutôt que de respirer une seule fois contre sa
Volonté.
Étant
donné qu’en ma personne Je suis vrai homme et vrai Dieu, cela
m’a permis de renouer la volonté humaine à la
Volonté divine, [91] et de redonner à mon Père la gloire qui
lui revient de droit.
Mais ma
Volonté et mon amour ne veulent pas rester seuls dans mes œuvres.
Ils veulent créer des êtres qui soient le reflet de ma Personne.
Mon humanité avait rétabli la Création selon le dessein du
Créateur, mais J’ai vite constaté qu’à cause
de l’ingratitude des hommes, dont un grand nombre était en
perdition, l’objectif de la Rédemption était en
péril. Alors, pour m’assurer que la Rédemption
m’apporte une gloire complète et me remette les droits qui me sont
dus, J’ai choisi dans la famille humaine une autre créature.
J’ai choisi ma Mère, fidèle réplique de ma vie, car
sa volonté était complètement immergée dans la
mienne. J’ai concentré en elle tous les fruits de la
Rédemption de manière à préserver les objectifs de
la Création et de la Rédemption. Même si, par
hypothèse, personne n’avait profité de la
Rédemption, ma Mère à elle seule m’aurait
accordé tout ce que les autres créatures humaines
m’auraient nié.
Et
maintenant revenons à toi. J’étais vrai Dieu et vrai homme,
et ma chère Mère était innocente et sainte. Or notre amour
nous poussait plus loin. Nous voulions, ma Mère et moi, qu’une
autre créature, conçue comme tous les enfants des hommes, prenne
la troisième place à mes côtés. Je
n’étais pas satisfait que ma Mère et moi, nous soyons les
seules personnes intégrées à la Volonté divine.
Nous voulions que d’autres enfants vivant en complet accord avec notre
Volonté nous donnent gloire et amour divin pour tous, et au nom de tous.
Je t’ai donc choisie “ab æterno”, alors que rien encore
n’existait ici-bas. Et de même que Je contemplais avec plaisir ma
chère Maman, me réjouissant en elle, la caressant, et
déversant sur elle des torrents de grâces divines, de même
Je me réjouissais en te contemplant et en te caressant, toi.
Les torrents de grâces
qui pleuvaient sur ma Mère se déversaient même sur toi,
dans la mesure où tu pouvais les recevoir. Ces torrents de grâces
t’ont préparée, enrichie, embellie. Ils ont permis que ma
Volonté s’intègre à toi, et que ce soit elle –
ma Volonté et non la tienne – qui anime tes actes, même les
plus petits. En chacun de tes actes coulait ma vie, ma Volonté, tout mon
amour. Quelle satisfaction! Quelle
joie! Voilà pourquoi Je te
considère un appui, le deuxième après ma Mère. Je
ne m’appuyais pas sur toi – car tu étais un rien sur qui Je
n’aurais pas pu m’appuyer – mais sur ma Volonté qui
était en toi. Ma Volonté est vie, et celui qui la possède,
possède la vie, et peut servir d’appui à l’auteur
même de la vie. De même que J’ai centré le dessein de
la Création en moi, et qu’en ma Mère j’ai
centré les fruits de la Rédemption, ainsi de même
J’ai centré les desseins de ma gloire en toi comme si mon Vouloir
était présent en tous, car par toi me viendra l’escadron
des autres créatures humaines. Les générations ne
passeront pas sans que d’abord Je n’aie réussi à
atteindre cet objectif.
Luisa
poursuit son récit: Alors
moi, stupéfaite, j’ai dit: “Mon amour, est-ce possible que
ta Volonté m’ait remplie complètement, et que dans toute ma
vie il n’y ait pas eu une seule cassure entre ta Volonté et la
mienne? J’ai l’impression que tu te moques de moi”. Alors
Jésus, d’une manière encore plus douce m’a
répondu:
Jésus
à Luisa Piccarreta: Je ne
me moque pas de toi. Il est vrai qu’entre toi et moi il n’y a pas
eu de cassure. Quelque légère blessure, peut-être, mais mon
amour, comme du ciment très fort a réparé ces
lésions et rendu ma Volonté encore plus forte en toi. En
observant tes actes un à un, Je faisais en sorte que ma Volonté y
accède comme on accède à une place d’honneur. Je
savais bien que de nombreuses grâces étaient nécessaires
pour que s’accomplisse en toi le plus grand miracle du monde, celui de
vivre constamment dans mon Vouloir. Dans son agir l’âme se sent
appelée à assimiler Dieu qui est immense, pour ensuite le
redonner intégralement tel qu’elle l’a assimilé, et
pour ensuite l’assimiler de nouveau.
Cela
surpasse le miracle même de l’Eucharistie, car le pain et le vin en
tant que matières accidentelles n’ont ni la raison, ni la
liberté de s’opposer à ma vie sacramentelle. L’hostie
ne fait rien par elle-même, c’est moi qui fais tout. Il suffit que
Je le veuille, Je le fais. Mais pour que se réalise le miracle de vivre
dans ma Volonté, Je dois plier une volonté humaine, une raison
humaine, des désirs humains, un amour humain, qui sont libres
d’accepter comme de refuser. Il en faut combien de temps et
d’énergie?
Voilà
pourquoi les âmes qui font la communion et prennent part au miracle
eucharistique sont nombreuses, car le sacrifice est moindre, mais
lorsqu’il s’agit de se sacrifier vraiment au point de vouloir que
le miracle de ma Volonté se réalise en elles, très peu y
adhèrent. » [92]
Des
références sur ce même sujet il en existe beaucoup. En
voici deux autres:
1. Jésus
à Luisa Piccarreta: «Je te parle de la vie dans ma
Volonté. Jusqu’à
ce jour Je ne l’ai manifestée à personne. On a connu tout
au plus l’ombre de ma Volonté. […] Mais y pénétrer, en
embrasser l’immensité, se multiplier avec moi et pénétrer
partout, même en restant sur la terre […] cela n’a pas encore
été dévoilé. » [93]
2. Jésus
à Luisa Piccarreta: «Nous avions créé
l’homme dans le but de le laisser vivre comme s’il était
notre fils. Nous l’avions créé pour qu’il soit
totalement heureux d’avoir nos biens à sa disposition. Nous
l’avions créé pour pouvoir ainsi nous réjouir de son
bonheur. L’être humain qui aujourd’hui accepte de vivre dans
notre Vouloir divin nous permet de revenir aux joies, aux fêtes, au but
premier de la Création. […]
Il se peut que cela te paraisse quelque peu négligeable, mais
pour moi, c’est très important. C’est le but ultime de
toutes mes œuvres. » [94]
Pour conduire à terme son projet de Rédemption (le
deuxième Fiat de Dieu, après celui de la Création),
Jésus s’est fait aider par sa Mère, chez qui la
Volonté divine s’est toujours conservée intacte. Mais pour
conduire à terme le projet de Sanctification (troisième Fiat
de Dieu) Jésus a choisi Luisa Piccarreta, une personne aux apparences
les plus ordinaires.
Voici à ce propos l’extrait d’un dialogue que
Jésus et Luisa ont eu sur ce sujet:
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Ta
mission, qui consiste à faire connaître la Volonté
éternelle, se trouve entrelacée avec la mienne, et avec celle de
ma très chère Mère. Il était nécessaire que
le Soleil éternel de ma Volonté se concentre sur une seule
créature humaine ayant reçu la mission de servir au bien de tous.
Il était nécessaire que ce Soleil puisse émaner ses rayons
lumineux et bienfaisants à partir d’une seule personne ayant
reçu cette mission unique de les rendre accessibles à tous. Cela
rendait nécessaire une chose: que par respect pour cette Volonté
Je déverse mes grâces en toi, avec l’amour, la
lumière, les connaissances qui auraient permis de préparer une
digne habitation au Soleil de mon Vouloir
[…]
Il faut que tu saches ceci. Il en est de toi comme de moi. De même
que mon humanité a conçu toutes les âmes à travers
la Rédemption, […]
ainsi de même ton humanité doit les concevoir à travers ta
mission, les tâches qui y sont rattachés, et en vertu de ma
Volonté qui est en toi. Es-tu consciente que dans ma Volonté tu
embrasses tout le monde, depuis la première créature humaine
jusqu’à la dernière qui existera sur la terre? Es-tu
consciente de comment tu voudrais satisfaire, aimer, servir cette
Volonté suprême, la lier à tous, enlever les obstacles qui
freinent ou empêchent son empire dans les créatures, la faire
connaître de tous? Es-tu consciente qu’au prix même de
souffrances, c’est toi qui t’engages au nom de tous à
satisfaire la Volonté suprême qui tellement veut se faire
connaître pour enfin triompher chez les humains?
C’est à toi que Dieu a confié le soin de faire
connaître les vertus, la valeur, les bienfaits que contient cette
Volonté, et son éternelle douleur de vivre cachée, peu
connue des hommes, et même méprisée ou insultée par
les méchants, placée par les bons au même niveau que les
autres vertus, comme si elle était une petite lumière
allumée par les hommes et non un Soleil éternel. Ma
Volonté est un Soleil, vos vertus sont des petites lumières
humaines.
La mission qui t’est
confiée au sujet de ma Volonté est la plus grande qui soit. Il
n’y a pas de bien qui n’en découle ni de gloire qui
n’en provienne. Tout est centré sur ma Volonté: les
activités intérieures à Nous comme les activités
extérieures à Nous, la création des anges, du monde, des
hommes, toutes les vertus, tous les mérites, toutes les
prédestinations, tous les biens, toute la gloire des élus, tous
les mystères encore inconnus des hommes au sujet de l’amour
infini, le présent, le passé, l’avenir… le tout uni
et actif dans un seul point, l’Acte divin. » [95]
Il arrive
que Luisa, sans trop s’en rendre compte, pose à Jésus des
questions curieuses. En bon pédagogue, Jésus se sert de toutes
les questions de Luisa, même des plus originales, pour développer
toutes sortes d’arguments. Cette fois-ci Luisa fait entrer dans sa
question... le Pape et la hiérarchie! Dans sa réponse Jésus
explique à Luisa qu’il est typique de son Vouloir suprême
d’opérer les plus grands prodiges dans des âmes vierges,
inconnues, humbles, petites au point d’apparaître insignifiantes,
plutôt que dans des âmes très en vue. Voici un extrait de ce
dialogue:
Luisa
raconte: «J’étais
en train de penser. Je me disais: si pour Jésus il est si important que
le Vouloir divin soit connu, car c’est par lui que doit débuter
une nouvelle ère dans le monde, dont les bienfaits dépasseront
même ceux de la Rédemption, pourquoi n’a-t-Il pas choisi
d’en parler au Pape? En tant que chef de l’Église le Pape a
beaucoup d’autorité, et son intervention pourrait avoir un effet
immédiat sur les membres de I’Église, [...] ou bien
à des personnes haut placées. Pour une personne de ce calibre la
tâche serait bien plus facile que pour moi, qui suis une pauvre
ignorante, inconnue de tous. De quelle façon puis-je diffuser ce grand
bien, moi?
Alors
Jésus, m’attirant à lui et me serrant contre lui encore
plus m’a répondu:
Jésus
à Luisa Piccarreta: Fille
de mon cœur, pour réaliser ses plus grandes œuvres, mon
Vouloir suprême a l’habitude de se choisir des âmes vierges
et inconnues. Non seulement vierges de nature, mais vierges aussi
d’affections, vierges de cœur, vierges de pensée, car la
virginité, la vraie, c’est comme l’ombre divine, et moi
J’ai besoin de mon ombre pour féconder mes œuvres les plus
grandes.
Même
lorsque Je suis venu vous racheter, il y avait des Pontifes, des
autorités, mais Je ne suis pas allé vers ces personnes, car
l’ombre divine n’y était pas. J’ai plutôt choisi
une vierge inconnue de tous, mais bien connue de moi. Étant donné
que la virginité est mon ombre, l’élection d’une
vierge inconnue était le fruit de ma jalousie divine qui la voulait
toute à moi, et inconnue aux autres. Toutefois, même si cette
vierge digne du ciel est demeurée dans l’ombre, cela ne m’a
pas empêché de me faire connaître, moi, et d’ouvrir
mon propre chemin pour que les fruits de la Rédemption pleuvent sur
tous. Plus l’œuvre que Je veux accomplir est grande, plus Je couvre
avec ce qu’il y a de plus ordinaire l’âme qui doit
M’aider à l’accomplir. Concernant donc les personnes que tu
mentionnes, la jalousie divine ne saurait les surveiller. Sans parler de
l’ombre divine, qui est si rare!
Et puis,
J’ai le droit d’élire qui bon me semble. Il a
été établi que deux vierges viennent au secours de
l’humanité, la première pour aider à sauver les
êtres humains, la deuxième pour faire régner ma Volonté
sur la terre, donner à l’homme son bonheur terrestre, unir les
deux volontés, humaine et divine, pour en faire une seule, de
manière à ce que le but pour lequel l’homme a
été créé soit pleinement réalisé.
Pour ce qui est de mes écrits, Je ferai Moi-même le
nécessaire pour qu’ils ne demeurent pas cachés. Ce qui
compte pour tout de suite, c’est d’avoir la première
créature humaine qui Me laisse concentrer en elle ce Vouloir qui est le
mien, afin qu’il vive en elle, et qu’il en soit sur la terre comme
il en est au ciel. Le reste viendra en temps et lieu. » [96]
3 -
Jésus nous renseigne sur le Vouloir divin.
Extrait # 1. [97]
L’extrait qui suit, daté du 13 mai 1924, dit
que la véritable adoration consiste dans l’accord de la
volonté humaine avec la divine.
Luisa raconte: «J’étais
dans mes prières habituelles, et alors que je m’abandonnais
entièrement entre les bras de la Volonté suprême pour faire
en elle mes adorations à la divine Majesté, mon Jésus
m’a ainsi parlé: »
Jésus à Luisa Piccarreta: «Ma fille, l’adoration parfaite et
véritable est dans l’accord complet de l’union de la
Volonté divine avec l’âme. Plus une âme réussit
à unifier sa volonté avec celle du Créateur, plus son
adoration est complète et parfaite. Si la volonté humaine
n’est pas une seule chose avec la divine, si elle n’est pas
disposée à recevoir le baiser de l’union de la
Volonté suprême, au lieu d’adoration elle risque de
m’offrir froideur et indifférence.
Le premier acte d’adoration est de
reconnaître la Volonté de son Créateur pour l’accomplir.
Si cela n’est pas, il arrive que l’on adore avec les paroles, et
qu’on fasse le contraire avec les actes. Donc l’accord entre la
volonté humaine et la Volonté divine est le premier anneau de
jonction entre le Créateur et la créature. À travers cet
anneau le Créateur fait descendre en sa créature les vertus
divines comme à travers un canal. Ces vertus produisent en la
créature la véritable adoration et le parfait amour envers son
Créateur. Autant de fois l’âme s’élève
pour plonger dans cette Volonté éternelle, autant de fois elle
acquiert de nouvelles variétés de beauté divine. Par
conséquent, l’âme qui fait ma Volonté devient ma
joie, mon contentement. Dès qu’elle plonge dans mon Vouloir, moi,
avec en main le pinceau du Vouloir divin, Je la retouche, J’imprime en
elle une nuance supplémentaire de ma beauté, de mon amour, de ma
sainteté, et de toutes mes qualités divines. Donc rester au ciel
ou rester en elle, c’est pour moi la même chose, car d’un
côté comme de l’autre Je trouve la même adoration, ma
Volonté, mon amour.
Et puisqu’il y a toujours quelque chose à
donner à la créature, Moi-même Je suis tantôt comme
un vaillant peintre, qui peins en elle mon image, tantôt comme un
maître, qui lui apprend les doctrines les plus élevées et
les plus sublimes, tantôt comme un amant passionné qui donne et
veut de l’amour! J’utilise tous les arts dans le but
d’enrichir cette âme toujours plus. Et quand mon amour,
offensé par les créatures, ne sait pas où se
réfugier, et que Je voudrais retourner au ciel, alors Je cherche
protection dans l’âme qui contient ma Volonté, et en elle Je
trouve ma puissance qui me protège, mon amour qui m’aime, ma paix
qui me donne du repos. En un mot, Je trouve ce que Je veux.
Donc, ma Volonté réunit le ciel et la
terre. À partir de cette unité de vouloir jaillissent tous les
biens possibles et imaginables. Je peux bien le dire: l’âme qui
fait ma Volonté, elle est tout pour moi et Je suis tout pour elle.
»
Extrait # 2. [98]
L’extrait suivant, daté du 31 mai 1926,
explique la différence qui existe entre une âme qui vit dans le Vouloir
divin et une âme qui vit dans la résignation: la
première est comme un soleil, la deuxième comme la terre qui vit
des effets de la lumière.
Luisa raconte: «J’étais
totalement immergée dans la lumière du Divin Vouloir; et
Jésus, tout tendresse et amour, m’a dit:
Jésus à Luisa Piccarreta: Ma fille, Je veux te faire connaître encore mieux
l’énorme différence qui existe entre celui qui vit dans ma
Volonté – dans l’unité de sa lumière – et
celui qui vit résigné et soumis à cette même
Volonté.
Observe: du haut du ciel le soleil répand ses
rayons jusqu’à la terre, comme si soleil et terre
s’étaient entendus pour que sur terre ne manquent jamais les
lumineuses caresses du soleil. En se soumettant au soleil – au contact de
sa luminosité – la terre reçoit les effets contenus dans la
lumière. Les effets de la lumière transforment la surface de la
terre, la rendent verdoyante, la font refleurir, permettent le
développement de ses plantes, le mûrissement de leurs fruits, et
l’accomplissement de beaucoup d’autres merveilles qui rendent plus
belle la Création. Mais le soleil ne se départit pas
d’elle, même s’il donne les effets de sa luminosité.
Au contraire, jaloux ou presque, il garde pour lui l’unité de
celle-ci. En plus, les effets du soleil ne sont pas fixes, ce qui fait que la
pauvre terre est tantôt fleurie, tantôt dénuée.
À chaque saison elle est appelée à changer, à subir
des mutations. Si au lieu de se limiter à donner les effets de sa luminosité,
le soleil cédait cette dernière, la terre n’aurait plus
besoin de mendier les effets de la luminosité. Elle l’aurait en
elle-même, tout comme le soleil. Elle aurait le contrôle de la
source des effets contenus dans le soleil. L’âme qui par soumission
se résigne à ma Volonté, ne possédant pas la
lumière, vit des effets qui se trouvent dans le Soleil du Vouloir
éternel, dans ma Volonté divine. Elle est à peu
près comme une terre qui tantôt est riche, tantôt est pauvre
en vertus, variable selon les circonstances. Et si elle n’est pas
résignée et soumise à ma Volonté, elle est alors
comme une terre qui refuse de se laisser toucher par la lumière du
soleil: dépouillée, sans la moindre végétation.
Tel a été Adam après son
péché: ayant perdu l’unité qu’il avait avec la
lumière, il a perdu la source des biens et des effets que contient le
Soleil de ma Volonté. Il n’a plus été en mesure de
ressentir en lui la plénitude du Soleil divin, ni de retrouver
l’unité de lumière que son Créateur avait
placée au fond de son âme, et qui faisait de lui la copie
fidèle du Créateur en lui communiquant sa ressemblance. Avant son
péché Adam possédait la source de la lumière, qui
était la Volonté de son Créateur. Ses actes, même
les plus petits, étaient comme des rayons de lumière qui
envahissaient la Création, et allaient se fixer au centre du
Créateur. Ils lui portaient l’amour et la reconnaissance de tout
ce que Dieu avait créé pour l’homme. Adam harmonisait tout
ce que Dieu avait fait pour lui dans la Création. Il était la note
qui formait l’accord entre le ciel et la terre.
Mais à partir du moment où il s’est
détaché de ma Volonté, ses actes n’ont plus envahi
le ciel et la terre comme des rayons de lumière, mais se sont
rétrécis dans le petit circuit de sa nature humaine, tels des
plantes et des fleurs rabougries. En perdant l’harmonie avec
l’ensemble de la Création, Adam est devenu la note discordante de
cet ensemble. Quelle descente amère! Que de larmes ne versa-t-il pour
avoir perdu l’unité d’avec la lumière, unité
qui faisait de lui le petit Dieu de la terre en le plaçant au-dessus de
toutes les choses créées!
Ma fille, à partir de ce que Je t’ai dit, tu
es maintenant en mesure de comprendre que si quelqu’un vit dans ma
Volonté, il possède la source de l’unité, la
lumière de mon Vouloir, tous les effets qui y sont rattachés.
Dans chaque acte de cette créature surgissent la lumière,
l’amour, l’adoration. Et en se constituant Acte pour chaque acte,
Amour pour chaque amour, ces Actes envahissent tout, harmonisent tout,
réunissent tout en la créature comme ferait la lumière du
soleil. Et l’homme-créature, comme un rayon éclatant,
ramène à son Créateur la contrepartie de tout ce que
Celui-ci a fait pour chaque créature. L’homme-créature
devient la véritable note formant l’accord entre le ciel et la
terre. Oh, l’énorme différence qui sépare celui qui
possède le soleil de ma Volonté, source de tout bien, de celui
qui vit seulement de ses effets! Une différence analogue existe entre le
soleil et la terre: le soleil possède toujours la plénitude de la
lumière et de ses effets. Il est toujours éclatant et majestueux
dans la voûte des cieux. Il n’a pas besoin de la terre. Il peut
toucher chaque chose, alors que lui-même demeure loin, et ne se laisse
toucher par personne. Même si quelqu’un essayait de le fixer, il
serait vite éclipsé, aveuglé, terrassé. Mais la
terre a besoin de tout. Elle se laisse toucher et dépouiller. Elle
serait comme une prison sombre, pleine de triste misère, si ce n’était
de la lumière du soleil et de ses effets.
Voilà pourquoi il n’y a pas de comparaison
possible entre celui qui vit dans ma Volonté et celui qui ne fait que
s’y soumettre. Adam a possédé l’unité de la
lumière avant son péché, mais après il n’a
plus été capable de la récupérer de son vivant. Il
lui est arrivé comme à la terre. Pendant que celle-ci tourne
autour du soleil – car elle n’est pas fixe – la partie
opposée au soleil se retrouve dans les ténèbres de la
nuit.
Pour que l’homme soit stabilisé à
nouveau de façon à pouvoir jouir de l’unité de cette
lumière, il fallait l’intervention d’un réparateur
supérieur à Adam; pour redresser le tout il fallait disposer
d’une force divine: voilà la nécessité de la
Rédemption. Ma céleste Maman a possédé
l’unité de la lumière de mon Vouloir divin, c’est
pourquoi, telle un soleil, elle peut donner de la lumière à tous.
Entre elle et la Majesté suprême il n’y a jamais eu de nuit,
ni aucune ombre, mais toujours le plein jour. Cette unité d’avec
la lumière de mon Vouloir faisait couler en elle toute la Vie divine,
à chaque instant. Et cette Vie divine lui portait des océans de
lumière, de joie, de bonheur, d’intuitions divines; des
océans de beauté, de gloire, d’amour. Et elle portait tous
ces océans à son Créateur, de façon triomphale,
comme s’ils étaient les siens, pour lui témoigner son amour
et son adoration. Elle possédait tant d’amour qu’elle
pouvait aimer pour tous, adorer et supplier pour tous, comme si cela
était pour elle une seconde nature. Ses actes les plus petits, accomplis
dans l’unité de cette lumière, étaient
supérieurs aux actes les plus grands, supérieurs aussi aux actes
de toutes les créatures réunies. Si on compare les sacrifices,
les œuvres, l’amour des autres créatures, aux actes de la
Reine Souveraine, on obtient comme des petites flammes en face du soleil ou des
gouttelettes d’eau devant un océan.
Grâce à l’unité de cette
lumière du Vouloir suprême qui en elle a triomphé sur tout,
elle a vaincu son Créateur même, elle l’a fait prisonnier
dans son sein maternel. Ah, seulement l’unité de cette
lumière de mon Vouloir pouvait opérer un si grand prodige! Adam se ruina et forma la nuit de son
esprit en perdant l’unité qui le liait à cette
lumière. Il forma ses faiblesses, ses passions, et celles des
générations à venir. La Vierge insigne, au contraire, en
ne faisant jamais sa volonté, elle a formé en elle le jour
éternel; elle a fait en sorte que le Soleil de justice se lève
sur toutes les générations.
Si la Reine vierge n’avait rien fait d’autre
que conserver au fond de son âme immaculée l’unité de
la lumière du Vouloir éternel, cela aurait suffi à Nous
redonner la gloire de tous, les actes de tous, et la reconnaissance
d’amour de toute la Création. Mais par son entremise, grâce
à ma Volonté, la divinité a senti qu’on lui
remettait les joies et le bonheur qu’elle avait
décrété de recevoir de sa Création. Pour cela la
Sainte Vierge Marie peut être appelée la reine, la mère, la
fondatrice, la base, le miroir de ma Volonté, en qui tous peuvent se regarder
pour recevoir d’elle la Vie divine.
Enfin, ma fille, alors que ma Mère et Adam –
Adam dans son état d’innocence – ont possédé
l’unité de la lumière de ma Volonté en vertu
d’une grâce communiquée par Dieu, et non par vertu propre,
mon humanité, elle, l’a possédée par vertu propre.
Car en ma sainte humanité il n’y avait pas seulement
l’unité de la lumière du Vouloir suprême, mais aussi
le Verbe éternel: ma sainte Humanité dépassa donc de
façon infiniment parfaite aussi bien l’Adam innocent que ma propre
Mère. En eux c’était la grâce, en moi
c’était la nature. Alors qu’ils devaient, eux, puiser la
lumière, la grâce, la puissance, la beauté auprès de
Dieu, moi j’étais la source qui faisait naître la
lumière, la beauté, la grâce, etc.
Donc, ma fille, fais attention. Ton Jésus est la
source de tout bien, source toujours active, toujours prête à te
communiquer ses biens: c’est pour cela que Je suis anxieux de te faire
connaître la longue histoire de ma Volonté suprême, en
passant par l’énumération des grands prodiges qu’elle
contient. »
Extrait # 3. [99]
Dans l’extrait qui suit, daté du 9 avril
1926, Jésus explique la différence qu’il y a entre la
Volonté de Dieu, divine en tout, et les vertus qui sont les
nôtres.
Luisa raconte: «J’étais
pensive, et en moi-même je disais: mon doux Jésus m’a
dévoilé de si grandes vérités au sujet de la
Volonté divine, des vérités si merveilleuses, si sublimes,
si admirables. Malgré cela j’ai l’impression que les
créatures ne se rendent pas vraiment compte des merveilles
qu’abrite le Vouloir divin. Au contraire, on dirait qu’elles
mettent ce Vouloir au même niveau que les vertus, qu’elles font
plus de cas pour celles-ci que pour la très sainte Volonté de
Dieu. Pendant que, pensive, je songeais à tout cela, mon aimable
Jésus, tout tendresse, m’a dit:
Jésus à Luisa Piccarreta: Ma fille, veux-tu savoir pourquoi? Parce que les
vertus qui se pratiquent sur terre sont souvent contaminées par des buts
humains, tels que l’amour propre, la gloire propre, le désir de
comparaître et de plaire à d’autres personnes, etc. La
volonté humaine gagne toujours quelque chose dans les vertus qui se
pratiquent sur terre. Si au contraire on fait ma Volonté, celle-ci ne
tolère aucun but humain. Ce que ma Volonté fait en premier,
c’est de détruire la volonté humaine.
Ma Volonté est du ciel; elle veut mettre dans l’âme
ce qui appartient au ciel, ce qui est divin. Le moi humain demeure donc sur sa
faim. Et il a l’impression de mourir. Autrement dit, ma Volonté
veut son ciel au fond de l’âme, sans quoi elle resterait coincée,
et sa Vie divine ne réussirait pas à s’épanouir.
Donc, la différence qui sépare la
sainteté des vertus et celle de ma Volonté est grande. Les vertus
peuvent appartenir aux créatures et former tout au plus une
sainteté humaine. Ma Volonté, elle, est de Dieu. Pour cela elle
forme une sainteté toute divine. La différence est énorme.
Les créatures, cela est vrai, sont plus
influencées par les petites lanternes des vertus que par le grand soleil
de ma Volonté. Cela vient du fait qu’elles sont habituées
à regarder vers le bas.
Regarde ce qui se passe au moment où le soleil se
lève. Toute chose paraît transformée. Les plantes
deviennent comme argentées, remplies de perles; les fleurs
reçoivent la vie qui est dans le parfum et la couleur de chacune
d’entre elles, d’après leurs qualités distinctes.
Toutes les plantes, dirait-on, reçoivent la vie de la lumière du
soleil, une gorgée après l’autre. Elles se
développent et se forment grâce à elle. À vue
humaine, cependant, il n’y a qu’une seule lumière et une
seule chaleur. Rien d’autre. Mais alors, d’où proviennent
tous ces effets multiples, toutes ces tintes différentes que la nature
reçoit? Tout vient du soleil. Dans sa lumière et sa chaleur, le
soleil détient le germe de la substance des couleurs et de toute
fécondité. Or nous savons qu’il n’est pas possible de
donner quelque chose aux autres si d’abord on ne la possède pas
soi-même. Si donc le soleil ne contenait pas en lui tous les effets
qu’il produit, il ne serait pas en mesure de transmettre la
fécondité, en donnant la douceur aux fruits et la couleur aux
fleurs, et en opérant sur la terre toutes les merveilles qu’il
opère.
Le soleil symbolise ma
Volonté. Dès que
ma Volonté surgit dans une âme, l’âme se retrouve
vivifiée, enrichie des tintes les plus belles de la sainteté
divine, ornée de grâces, transformée en Dieu. Et de
même que le soleil ne perd rien en faisant à la terre tout le bien
qu’il lui fait, de même ma Volonté ne perd rien en donnant
à l’homme ce qu’elle possède. Bien au contraire, elle
se trouve glorifié dans l’œuvre de la créature.

Le travail de Luisa: dentellière.
L’Être que Nous sommes est un
équilibre parfait et éternel, qui ne peut ni grandir ni
décroître. Imaginez un vent qui investit la surface de la mer et
forme des ondes. Si les ondes débordent, la mer ne perd rien. Dès
que les ondes débordent, la mer revient immédiatement au
même niveau qu’elle était. Entre Dieu et l’âme,
c’est la même chose. L’âme est comme un petit vent qui
forme des ondes sur la mer divine. Quelle que soit la quantité
d’eau que l’âme y puise, le niveau de Notre Mer reste
toujours le même. Notre nature est telle qu’aucune mutation ne peut
l’affecter. Donc, plus l’âme puisera en moi, plus elle me
plaira. Et en elle Je me sentirai glorifié. »
Luisa raconte: «Après
cela, je réfléchissais à la différence qui existe
entre se laisser dominer par la Volonté divine et se laisser dominer par
la volonté humaine. Pendant que je songeais à cela, j’avais
l’impression de voir un homme courbé au point que son front
touchait presque ses genoux. Il était recouvert d’un voile noir,
et marchait dans un épais brouillard qui l’empêchait de voir
la lumière. Pauvre homme, il paraissait ivre. En marchant, il tombait
tantôt vers la droite tantôt vers la gauche. Il faisait
pitié. Alors que je regardais cet homme, mon doux Jésus m’a
dit:
Jésus à Luisa Piccarreta: Ma fille, cet homme est l’image de celui qui
se laisse dominer par sa propre volonté. Le vouloir humain écrase
l’âme d’une façon telle que cette dernière se
voit contrainte de regarder uniquement la terre. Dans cette condition
l’âme ne connaît que la terre, et elle n’aime que
celle-ci. Ensuite, un brouillard noir et épais se forme autour de cette
connaissance et de cet amour. Ce brouillard enveloppe l’âme
d’une façon telle, que celle-ci n’est plus en état de
voir le ciel, ni la lumière des vérités éternelles.
Remplie des choses de la terre qui la rendent ivre, la raison humaine
n’est plus capable de marcher droit. Elle chancelle tantôt à
droite, tantôt à gauche, entourée en plus par de profondes
ténèbres.
Pour une âme, il n’y a pas de malheur plus
grand que de se laisser dominer par sa propre volonté, et il n’y a
pas de bonheur plus grand pour elle, que d’accepter d’être
dominé par ma Volonté. Dans mon Vouloir l’âme grandit
droite, au point qu’il lui est impossible de se plier vers la terre. Et
puisque son regard est toujours orienté vers le ciel, elle ne voit que
la lumière. En éclipsant et en faisant disparaître tout ce
qui est terrestre, cette lumière lui permet de voir uniquement ce qui
est du ciel. Enfin l’âme ne connaît que le ciel et
n’aime que ce qui vient du ciel. Pas de danger qu’elle
trébuche, son pas étant rendu ferme par ma Volonté.
Éclairé par cette Volonté et par la lumière qui
l’enveloppe, son esprit la fait passer d’une vérité
à l’autre, lui faisant découvrir des secrets divins, des
mystères ineffables, des joies célestes. Pour une âme, la
plus grande chance est de se laisser dominer par ma Volonté. Alors elle
se place au-dessus de tout; elle occupe la première place
d’honneur dans toute la Création; elle se tourne continuellement
vers le Père céleste pour lui chanter sa gloire, son amour, les
prodiges de son éternelle Volonté. Et le Père, à
son tour, lui communique son amour, et en abondance, lui donne ses premiers
baisers, lui prodigue ses amoureuses caresses, lui accorde les nombreuses
grâces qui débordent continuellement de son divin Cœur.
Nos secrets divins ne peuvent être confiés
qu’à elle. Étant la plus proche de Nous, elle est toujours
avec Nous, et Nous la mettons au courant de tout ce qui Nous concerne. Sa vie
et son bonheur sont formés par Nous, et puisque sa volonté et la
Nôtre forment un tout, elle possède notre Vouloir et notre
bonheur. En retour elle Nous communique joie et bonheur. Pas surprenant que
toutes ces joies soient réciproques.
Ma fille, notre Volonté contient une puissance
créatrice, voilà pourquoi dans votre âme s’installent
la force, la grâce, la lumière. L’âme se
découvre habitée par une force divine, comme si cette force
était la sienne. Elle découvre qu’elle possède une
grâce suffisante pour le bien qu’elle doit faire, ou pour la peine
qu’elle doit souffrir, et une lumière qui lui permet de voir le
bien qu’elle fait de façon naturelle et spontanée.
Attirée et séduite par la beauté de l’œuvre
divine qu’elle accomplit, elle se réjouit et fait la fête.
Oui, les œuvres qui dans l’âme sont
accomplies par ma Volonté, sont empreintes d’une joie et
d’une fête perpétuelles. Cette fête avait
commencé lors du “Fiat” de notre Création, mais elle
a été interrompue par la cassure survenue entre la volonté
humaine et celle de Dieu. Aussitôt que l’âme accepte que le
Vouloir suprême agisse et domine en elle, voilà que la fête
recommence, et que les joies, les amours, les délices reprennent entre Nous
et la créature humaine.
Les douleurs et les misères n’existent pas
en Nous. Comment pourrions-Nous le transmettre aux créatures humaines?
Si ces dernières souffrent des malheurs, c’est parce
qu’elles abandonnent la Volonté divine en se renfermant dans le
petit enclos de leur volonté humaine. Lorsque elles sont de retour dans
le Vouloir suprême, alors seulement elles retrouvent les joies, le
bonheur, la puissance, la force, la lumière, la beauté de leur
Créateur. Une fois qu’elle s’est emparée de tous ces
biens, l’âme sent qu’en elle il y a une substance divine
comme naturelle, une substance qui parvient à lui donner de la joie et
du bonheur, même dans la souffrance.
Au contraire, dans la volonté humaine il n’y
a pas de puissance créatrice, et même si la volonté humaine
voulait exercer les vertus, elle ne serait pas capable de créer la
patience, l’humilité, l’obéissance, etc. Voilà
le pourquoi des peines et de la fatigue dans la pratique des vertus. C’est
qu’il manque à la volonté humaine la Force divine pour la
soutenir, ainsi que la Puissance créatrice pour l’alimenter et lui
donner la vie. D’où son inconstance qui la fait passer des vertus
aux vices, de la prière à la dissipation, de
l’Église aux divertissements, de la patience à
l’impatience. Tout ce mélange de bien et de mal fait le malheur de
la créature. Mais celui qui accepte en lui ma Volonté,
celui-là se sent fixé dans le bien. Il sent que toute chose lui
communique de la joie et du bonheur, car toute chose créée garde
l’empreinte, le germe de la joie et du bonheur de Celui qui lui a
communiqué la vie.
Oui, Nous avons communiqué la vie aux choses que
Nous avons créées, afin qu’à leur tour elles
communiquent à l’homme le maximum de bonheur. Chaque chose
créée a reçu de Nous le mandat de communiquer à la
créature le bonheur et la joie dont elle dispose. Quelle n’est pas
la joie que la lumière du soleil n’emmène avec elle! Quel n’est pas le plaisir
qu’un ciel d’azur, ou un pré rempli de fleurs n’offre
à nos yeux! Quelle
n’est pas la satisfaction qu’une mer qui murmure n’offre
à nos oreilles! Quel
n’est pas le goût que n’apporte à la bouche un fruit
doux et savoureux, une eau vraiment fraîche, et tant d’autres
choses! Toute chose
créée dit à l’homme dans son langage muet: je te
porte le bonheur et la joie de mon Créateur.
Mais en qui ces choses trouvent-elles l’écho
de leur joie et de leur bonheur? En celui chez qui ma Volonté
règne et domine, car en lui la Volonté qui règne est
unique et intégrale. Puisque la volonté qui règne dans
l’âme est celle de Dieu lui-même, les mers de joies, de
bonheur, et de contentement sont mises en commun. Et c’est une vraie
fête.
En conclusion, ma fille, chaque fois que tu acceptes la
fusion avec ma Volonté, et que tu fais le tour des choses
créées pour me garantir ton amour, ta gloire, ton adoration sur
chaque chose, Je sens que ma joie, mon bonheur, ma gloire se renouvellent comme
lorsque J’ai voulu donner l’existence à l’ensemble de
la Création.
Tu ne sais pas la joie que tu nous donnes lorsque Nous
voyons que toi, avec ta petitesse, en voulant tout embrasser dans notre
Volonté, tu Nous récompenses en amour et en gloire pour toutes
les choses créées. Notre joie est alors tellement grande que Nous
sommes entièrement occupés à jouir de cette joie, de cette
fête que tu nous donnes. Vivre dans le Vouloir suprême, c’est
la chose la plus grande pour Nous et pour l’âme; c’est
l’aboutissement du Créateur dans la créature. En se
déversant sur la créature, le Créateur lui donne sa forme,
lui communique toutes ses qualités divines. C’est ainsi que Nous
voyons nos œuvres, notre joie, notre bonheur se répéter en
elle. »
4 - Jésus nous dévoile l’âge
véritable de l’humanité.
Depuis combien de temps la race humaine est-elle
présente sur la terre? La science tente de répondre, mais ses réponses
varient d’un scientifique à l’autre, et d’une
époque à l’autre. Dans le texte qui suit, écrit par Luisa
Piccarreta le 29 janvier 1919, Jésus nous dit que l’histoire
de l’humanité a commencé il y a six mille ans. Jésus
s’exprime en ces termes:
Jésus à Luisa Piccarreta: «Fille bien-aimée, Je veux te faire
connaître l’ordre de ma providence. À chaque cours de
deux mille ans J’ai renouvelé le monde. Après les
premiers deux mille ans Je l’ai renouvelé avec le Déluge.
Après les deuxièmes deux mille ans les bons et les saints
eux-mêmes ont vécu des fruits de mon humanité, et par
moments ils ont bénéficié aussi de la jouissance de ma
divinité. Maintenant nous sommes rendus à la fin des
troisièmes deux mille ans et il y aura un troisième
renouvellement. Voilà le pourquoi de toute cette confusion. C’est
par cette confusion que le troisième renouvellement se prépare.
Au cours de la deuxième période J’ai
manifesté ce que mon humanité opérait et souffrait, mais
très peu vous a été dévoilé au sujet de
l’action de ma divinité. Maintenant, dans le troisième
renouvellement, après que la terre sera purgée, et que la
majorité de la génération présente sera
détruite, Je serai encore plus généreux envers mes
créatures humaines. J’accomplirai le renouvellement en manifestant
ce que ma divinité faisait dans mon humanité, comment agissait
mon Vouloir divin avec mon Vouloir humain, comment tout en moi demeurait
lié, comment tout était fait et refait par moi, comment
même la dernière pensée de la dernière
créature était refaite et scellée par mon Vouloir divin.
» [100]
Le texte qui suit, écrit par Luisa en 1925,
à Corato, confirme le précédent. Il a comme titre: Appel
du Roi divin qui promulgue le Règne de sa Volonté. [101]
Jésus à l’humanité: «Mes fils bien-aimés, Je viens parmi
vous [...] pour demeurer avec vous, uni à
vous, vivant avec vous dans une seule Volonté. [...] Sachez que mon amour pour vous est si
grand que Je mettrai de côté votre vie passée, vos fautes
passées, tous vos malheurs passés. Ces choses seront
enterrées dans la mer de mon amour, et comme brûlées, afin
qu’ensemble nous puissions commencer une nouvelle vie, entièrement
fondée sur ma Volonté. [...]
Oh! Que de soupirs, que de
gémissements, que de larmes de ma part, parce que Je veux que mes
enfants chéris demeurent avec moi, en vivant dans ma Volonté!
Voilà six mille ans que dans ma sainte humanité Je soupire et Je
pleure amèrement parce que Je veux, Je réclame, que mes enfants
soient autour de moi, de façon à les rendre saints et heureux.
[...] Si vous me donnez votre
volonté, tout va être réglé. Je serai heureux, et
vous serez heureux. Je ne désire rien d’autre, mais que ma
Volonté s’établisse en vous. Le ciel et la terre vous
souriront. [...] Veuillez donc
m’écouter, mes chers enfants. Je vous prie de lire ces pages avec
attention. C’est moi qui les place devant vous. Si vous les lisez, vous
sentirez le besoin de vivre dans ma Volonté. Lorsque vous lirez, Je me
placerai près de vous. Je vous toucherai l’esprit et le cœur
afin que vous compreniez ces choses, et vous vous décidiez à
accueillir en vous le don de mon “Fiat” divin. » Corato, 1925.
Des trois extraits qui suivent, deux sont des dialogues
entre Luisa et Jésus, le troisième est une lettre que Luisa a
écrite pour répondre à l’un de ses correspondants.
Le premier et le troisième confirment que l’âge
véritable de l’humanité est de six mille ans, le
deuxième avertit que le Divin vouloir fera le salut ou la perte
de beaucoup.
Extrait # 1. [102]
Luisa dit à Jésus: «Jésus, mon bien-aimé, ce
règne dont tu me parles, quand est-ce qu’il va venir? »
Jésus à Luisa Piccarreta: «Ma fille, pour l’avènement de la
Rédemption il a fallu quatre mille ans, car le peuple qui priait
et soupirait pour la venue du Rédempteur promis était le plus
petit, vraiment très petit en nombre. Mais les âmes qui maintenant
appartiennent à mon Église forment plusieurs peuples, et leur
nombre est bien supérieur, oh, oui, bien supérieur à celui
d’autrefois. Donc le nombre raccourcira le temps.»
Extrait # 2. [103]
Jésus à Luisa Piccarreta: «Pour ce Règne tout est
préparé. Tout est prêt. Pour que l’homme en prenne
possession il ne reste qu’à ouvrir les portes et à le faire
connaître. Lorsque Je suis venu sur la terre pour racheter l’homme,
de moi on a dit que Je serais salut et perte pour beaucoup. Maintenant on dira
la même chose au sujet du Vouloir divin. Mon Vouloir sera pour beaucoup
la cause d’une grande sainteté, car mon Vouloir est absolument
saint, mais pour bien d’autres il sera la pierre d’achoppement qui
causera leur chute. [...] Donc,
sois vigilante. Que ton regard soit constamment fixé sur mon Vouloir
divin. En vivant dans ma Volonté tu te retrouveras avec la
plénitude de la grâce. » (21 septembre, 1923).
Extrait # 3. [104]
Lettre de Luisa Piccarreta à un correspondant: «Très cher fils dans le Vouloir divin,
je réponds à votre lettre très agréable, et je prie
Jésus de vous donner toujours des nouvelles grâces, de la nouvelle
lumière, pour que vous puissiez faire comprendre à tous ce que
c’est que de vivre dans le Vouloir divin. Oh! Le Vouloir divin fait
soupirer Jésus, qui le souhaite au point même d’en pleurer.
Jésus veut que nous connaissions son saint et
Vouloir divin. Vraiment Il veut que ce Vouloir règne en dominateur dans
le monde entier, car la Trinité Sacro-sainte a décrété
que le Vouloir divin doit être fait sur la terre comme Il l’est au
ciel. De même que fut décrétée la Création,
et de même que fut décrétée la Rédemption, de
même il est décrété que sur terre se réalise
le Règne du Vouloir divin. Donc Dieu prendra tous les moyens, mettra sa
créature humaine en état de siège, enverra des
châtiments terribles, fera des miracles éclatants, tout cela pour
l’avènement de ce Royaume, et le premier à se sacrifier
pour ce Royaume sera Jésus. Il se mettra à la tête de tous
nos actes pour faire en sorte qu’ils coulent tous vers la mer de sa
Volonté divine.
Si à présent Dieu nous envoie des
châtiments, la raison en est que ses créatures humaines, surtout
du côté des religieux, au lieu de se laisser prendre par le biais
de l’amour, comme lui le voulait, ils se sont laissées prendre par
le biais des châtiments.
Pauvre Jésus!
Que de souffrances et de soupirs!
Que de larmes versées à cause de ses créatures
humaines qui ne le prient pas, ne le supplient pas de leur concéder le
don de vivre dans le Vouloir divin. Mais s’Il en trouve une, Il la prend
dans ses bras, saute de joie, et se sent victorieux comme un roi qui a devant
lui sa première conquête, peu importe si pour en arriver là
Il a dû lutter pendant six mille ans, et recevoir plusieurs
blessures et plusieurs défaites. Il se réjouit tellement de cette
première conquête qu’Il appelle le ciel entier à
festoyer pour sa victoire.
Pendant qu’Il se réjoui dans cette
fête, Il met à la disposition de la créature humaine toute
sa sainteté, tout son amour, toute sa lumière, toutes ses
grâces, et lui donne le droit d’avoir le ciel comme patrie. De
cette façon, même si cette créature de Dieu est sur terre,
elle possède déjà la patrie du ciel, et peut se dire:
“Ce que d’autres font au ciel, moi je le fais sur la terre. Eux le
font avec bonheur et joie, moi je le fais en opérant des nouvelles
conquêtes qui vont servir à porter des nouvelles joies au
ciel”.
Je vous dis donc de dire à tous qu’Il
n’y a pas de plus grand prodige, de miracle plus retentissant, que de
vivre dans le Vouloir divin. Nous nous mettons à la disposition de Dieu,
et Dieu se met à notre disposition.
Les mers infinies du Vouloir divin ne sont pas encore
connues. Si les hommes les connaissaient, ils y plongeraient tête
première pour y passer l’éternité. Alors prions et
demeurons en attente. Jésus tient les siècles en son pouvoir. Ce
qu’Il ne fait pas aujourd’hui, Il le fera demain. Même si les
esprits d’aujourd’hui sont aveuglés, il y aura demain des
yeux qui sauront soutenir la lumière du Vouloir divin. Jésus fera
alors ce qu’Il n’a pas fait aujourd’hui.
Acceptez mes salutations. Je vous place tous dans la mer
immense du Vouloir divin. La fille toute petite du Vouloir divin. »
5. - L’importance des écrits de Luisa pour
l’avenir de l’humanité.
Quel rôle les messages de Luisa sont-ils appelés à
jouer dans l’avenir? Les vérités sur la Volonté
divine renouvelleront l’Église et changeront la face de la
terre, nous dit Jésus. Voici ses paroles.
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Ma
fille, dans mon omniscience Je peux voir déjà que ces
écrits seront pour mon Église comme un nouveau soleil qui se
lèvera au milieu d’elle. Les hommes, attirés par sa
lumière fulgurante, s’appliqueront à se transformer en
cette lumière. Ils en seront spiritualisés et divinisés.
L’Église en sera renouvelée, et la face de la terre
transformée. La doctrine sur ma Volonté est la plus pure, la plus
belle, et ne donne prise à aucune ombre d’intérêt
matériel, autant dans l’ordre surnaturel que dans l’ordre
naturel. Par conséquent elle sera déclarée la bienvenue,
elle sera la plus pénétrante, la plus féconde, et la mieux
accueillie à la manière d’un soleil. Comme elle est
lumière, elle se fera comprendre par elle-même, et v saura se
frayer un chemin par elle-même. Elle ne sera pas soumise au doute. On ne
la soupçonnera pas d’erreur. Si parfois un mot ou deux
n’étaient pas compris, ce sera à cause de
l’excès de lumière. L’intelligence humaine pourra se
faire éclipser, certains ne réussiront pas à comprendre la
plénitude de la vérité, mais personne ne saura y trouver
une parole qui ne soit pas vérité. Au plus, ils ne pourront pas
tout comprendre entièrement. Donc en vue du bien que Je vois venir, Je
t’encourage à ne pas omettre d’écrire la moindre
parole. Il arrive parfois qu’une phrase, un effet, une comparaison sur ma
Volonté agisse sur les âmes comme une rosée
bénéfique, ait un effet aussi bénéfique
qu’une rosée sur des plantes après une journée de
soleil ardant, ou agisse comme une pluie abondante après plusieurs mois
de sécheresse. Seule, tu ne peux comprendre tout le bien, toute la
lumière, toute la force qu’une simple parole peut des fois
contenir, mais ton Jésus, Lui, sait bien à qui cela rendra
service, et le bien qu’il en sortira. [...] Lorsque l’Église recevra
cette nourriture que le ciel lui envoie, cela la fortifiera, et lui permettra
de ressusciter de façon tout à fait triomphale. » [105]
Le
panorama de cette rénovation spirituelle est grandiose. Jésus le
décrit en ces termes:
Jésus
à Luisa Piccarreta: «Ces
vérités sur ma Volonté divine formeront le jour de mon
"Fiat" au milieu des hommes. Lorsque les hommes connaîtront les
premières vérités que Je t’ai manifestées,
ils s’apercevront qu’à l’horizon se prépare une
aube éclatante de splendeur. Aussi ces vérités auront le
pouvoir de donner la lumière à un grand nombre d’aveugles.
Ceux qui
goûteront à la paix céleste que ces vérités
apportent soupireront après la connaissance d’autres
vérités, qui formeront le commencement du jour de mon Vouloir
divin. [...]
Ce sera un jour de ciel, plus
que ne l’a été la Création elle-même. Il ne
s’agira pas de soleil et d’étoiles matérielles, mais
de vérités ayant le pouvoir d’engendrer notre vie dans la
créature humaine. Cette Vie divine dans la créature humaine
surpasse toute la Création matérielle. » [106]

Position habituelle de Luisa: au lit, assise.
Luisa
continue à écrire au nom de la sainte obéissance, mais il
lui arrive de songer avec préoccupation à ce que l’avenir
réserve aux pages qu’elle rédige.
Le 20 juin
1938 Jésus intervient dans ses pensées pour lui dire de ne pas se
préoccuper outre mesure de ce qui pourra arriver aux écrits. En
cette occasion Jésus lui confie que chaque parole qu’elle accepte
d’écrire sur sa Volonté divine double l’amour
qu’Il a pour elle et pour ceux qui plus tard liront les messages. Voici
comment Luisa nous rapporte son dialogue avec Jésus:
Luisa
raconte: «J’étais
préoccupée au sujet des écrits sur la Volonté
divine, car mon aimé Jésus insistait pour que je continue encore
à écrire. Je me disais: “Après tant de sacrifices,
qu’est-ce qu’ils deviendront?” Alors mon bien-aimé
Jésus a interrompu ma pensée pour me dire ceci:
Jésus
à Luisa Piccarreta: Fille
de mon amour, sois sans crainte au sujet de mes écrits. J’en
prendrai soin moi-même. Ils me coûtent trop. Leur prix est celui de
ma Volonté qui en eux se trouve comme vie primordiale. Je pourrais les
appeler. “Testament d’amour de ma Volonté aux hommes”.
Ma Volonté se donne aux hommes en héritage. Elle s’offre
elle-même, et les façons dont elle se propose sont si attrayantes,
si suppliantes, si pleines d’amour que seulement les cœurs de pierre
resteront indifférents. Il n’y a que ces cœurs-là qui
ne voudront pas profiter d’un si grand bien.
Luisa, ces écrits sont remplis de vies
divinisées que personne n’a le droit de détruire. Si
quelqu’un voulait les détruire, c’est comme s’il
voulait détruire le ciel. Le ciel courroucé lui tomberait dessus
de toutes parts, et le pauvre serait anéanti. [...] Même chose si
quelqu’un voulait détruire le soleil. Le soleil se moquerait de
quelqu’un qui aurait décidé de le détruire, et il le
brûlerait. Même chose si quelqu’un voulait détruire
les océans. Ces derniers l’engloutiraient.
Ce que Je
t’ai demandé d’écrire sur ma Volonté est
vraiment trop précieux. Cela pourrait s’appeler “Nouvelle
Création vivante et parlante”, ultime démonstration de mon
amour envers l’humanité. Sache que pour chaque mot que tu acceptes
d’écrire sur mon “Fiat”, mon amour pour toi est doublé.
La même chose s’appliquera aux gens qui liront ces mots. Mon amour
les embaumera et les fixera en lui. Donc, pendant que tu écris, tu me
donnes la possibilité de t’aimer d’avantage.
Je vois le grand bien qui
sortira de ces écrits. Dans les paroles qu’ils contiennent, Je
sens la vie palpitante des hommes qui connaîtront leurs bienfaits, et
accepteront de vivre dans ma Volonté. Il s’agit de mes
intérêts propres. Donc, place et abandonne le tout entre mes
mains.
Sache que ces écrits sont sortis du grand soleil
de ma Volonté. Les rayons de ce soleil sont remplis des
vérités qui émanent de son centre. Et ces
vérités concernent tous les temps, tous les siècles,
toutes les générations. Ce grand rayonnement de lumière
remplit le ciel et la terre. Il touche tous les cœurs, les priant et les
suppliant de recevoir la vie palpitante de mon “Fiat”. Les mots de
ces écrits peuvent être considérés comme des
chefs-d’œuvre d’amour, des chefs-d’œuvre se
dépassant les uns les autres. Les attaquer serait comme
M’attaquer, attaquer le centre de mon amour, la délicatesse
d’amour avec laquelle j’aime tout être humain. Je saurai pour
cela me défendre, et confondre n’importe quel individu qui
songerait à désapprouver ne serait-ce qu’un seul mot de ce
qui est écrit sur ma Volonté divine. [...] Ces écrits me coûtent ce
que Je me coûte Moi-même. J’en prendrai donc soin, et pas un
mot ne se perdra.» (20 juin
1938).
En 1944,
trois ans avant sa mort, Luisa répond par écrit à
l’un de ses correspondants. Elle s’exprime en ces termes:
Luisa
à l’un de ses correspondants: «Notre Seigneur fera les plus grands miracles
pour faire régner sa Volonté sur la terre. C’est pourquoi
nous prions pour qu’Il abrège les temps, et que tout se change en
la Volonté de Dieu. »